526 QUatriÈMe partie Les mécanismes de l’évolution
au fil de nombreuses générations au cours desquelles ces animaux essayaient d’atteindre des feuilles toujours plus hautes.
Lamarck croyait également que les organismes évoluaient
en raison d’une tendance innée à devenir de plus en plus
complexes. Darwin rejetait cette dernière idée en faveur de la
sélection naturelle, mais pensait que la variation était introduite dans le processus de l’évolution en partie par la transmission héréditaire de caractères acquis. Cependant, notre
compréhension moderne de la génétique réfute ce principe ;
des expériences ont démontré que les caractères acquis par
l’usage ou le non-usage au cours de la vie d’un organisme ne
se transmettent pas (figure 22.4). On aura beau couper la
queue à des centaines de générations de souris, leurs petits
continueront à naître avec une queue !
Lamarck a fait l’objet de calomnies, particulièrement de la
part de Cuvier, qui ne voulait rien entendre de l’évolution. Il
faut aujourd’hui rendre à Lamarck les honneurs qui lui
reviennent ; il a fait des observations perspicaces sur la nature
et a compris qu’elles ne pouvaient s’expliquer que par des
changements évolutifs graduels.
retour sur le ConCept 22.1
1. Comment les idées de Hutton et de Lyell ont-elles
influé sur la pensée de Darwin à propos de
l’évolution ?
2. Faites des liens Dans le concept 1.3 (p. 20 et 21),
vous avez pu lire que les hypothèses scientifiques
doivent être vérifiables et réfutables. Selon ces critères,
l’explication de Cuvier sur les archives fossiles et
l’hypothèse de Lamarck sur l’évolution sont-elles
scientifiques ? Expliquez votre réponse dans chacun
de ces cas.
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
ConCept
22.2
La descendance avec modification
par sélection naturelle explique
les adaptations des organismes
ainsi que l’unité et la diversité de la vie
À l’aube du 19
e
siècle, on croyait généralement que les espèces
étaient immuables depuis leur création, et si quelques doutes
planaient sur cette permanence des espèces, nul ne pouvait
prévoir la tempête qui se préparait à l’horizon. Voyons donc
comment Charles Darwin est devenu le pionnier d’une révolution de notre conception du vivant.
Les recherches de Darwin
Charles Darwin (1809-1882) est né à Shrewsbury, dans l’ouest
de l’Angleterre. Dès sa plus tendre enfance, il s’est passionné
pour la nature. Il ne fermait ses livres d’histoire naturelle que
pour pêcher, chasser et collectionner des insectes. Son père,
un médecin réputé qui jugeait la carrière de naturaliste sans
avenir pour son fils de 16 ans, a fini par l’envoyer étudier la
médecine à la University of Edinburgh. Cependant, le jeune
Charles trouvait les études de médecine ennuyeuses et la
chirurgie de l’époque, épouvantable (l’anesthésie n’existait
pas encore). Il a donc quitté l’école de médecine d’Édimbourg
avant d’avoir obtenu son diplôme pour s’inscrire à la
Cambridge University dans l’intention de devenir pasteur. (À
l’époque, en Grande-Bretagne, la plupart des savants étaient
des ecclésiastiques.)
À Cambridge, Darwin est devenu le protégé du révérend
John Henslow, professeur de botanique. Il a été reçu bachelier
m Figure 22.4 Les caractères acquis ne peuvent pas être
héréditaires. Ce bonsaï a acquis son style et sa taille naine grâce
au travail d’un horticulteur expert. Cependant, les graines de cet arbre
produiront des rejetons dont la taille et la forme seront normales.
Strate la plus
ancienne contenant
les plus vieux
fossiles
Strate la plus jeune
contenant des
fossiles plus récents
1 Les rivières transportent des sédiments
dans des habitats aquatiques comme les
océans et les marécages. Avec le temps,
des couches sédimentaires (strates) se
forment au fond de l’eau. Certaines strates
contiennent des fossiles.
2 Lorsque le niveau
de l’eau change et
que les fonds sont
ramenés à la surface,
les strates et leurs
fossiles sont exposés.
m Figure 22.3 La formation de strates sédimentaires
avec fossiles.
au fil de nombreuses générations au cours desquelles ces animaux essayaient d’atteindre des feuilles toujours plus hautes.
Lamarck croyait également que les organismes évoluaient
en raison d’une tendance innée à devenir de plus en plus
complexes. Darwin rejetait cette dernière idée en faveur de la
sélection naturelle, mais pensait que la variation était introduite dans le processus de l’évolution en partie par la transmission héréditaire de caractères acquis. Cependant, notre
compréhension moderne de la génétique réfute ce principe ;
des expériences ont démontré que les caractères acquis par
l’usage ou le non-usage au cours de la vie d’un organisme ne
se transmettent pas (figure 22.4). On aura beau couper la
queue à des centaines de générations de souris, leurs petits
continueront à naître avec une queue !
Lamarck a fait l’objet de calomnies, particulièrement de la
part de Cuvier, qui ne voulait rien entendre de l’évolution. Il
faut aujourd’hui rendre à Lamarck les honneurs qui lui
reviennent ; il a fait des observations perspicaces sur la nature
et a compris qu’elles ne pouvaient s’expliquer que par des
changements évolutifs graduels.
retour sur le ConCept 22.1
1. Comment les idées de Hutton et de Lyell ont-elles
influé sur la pensée de Darwin à propos de
l’évolution ?
2. Faites des liens Dans le concept 1.3 (p. 20 et 21),
vous avez pu lire que les hypothèses scientifiques
doivent être vérifiables et réfutables. Selon ces critères,
l’explication de Cuvier sur les archives fossiles et
l’hypothèse de Lamarck sur l’évolution sont-elles
scientifiques ? Expliquez votre réponse dans chacun
de ces cas.
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
ConCept
22.2
La descendance avec modification
par sélection naturelle explique
les adaptations des organismes
ainsi que l’unité et la diversité de la vie
À l’aube du 19
e
siècle, on croyait généralement que les espèces
étaient immuables depuis leur création, et si quelques doutes
planaient sur cette permanence des espèces, nul ne pouvait
prévoir la tempête qui se préparait à l’horizon. Voyons donc
comment Charles Darwin est devenu le pionnier d’une révolution de notre conception du vivant.
Les recherches de Darwin
Charles Darwin (1809-1882) est né à Shrewsbury, dans l’ouest
de l’Angleterre. Dès sa plus tendre enfance, il s’est passionné
pour la nature. Il ne fermait ses livres d’histoire naturelle que
pour pêcher, chasser et collectionner des insectes. Son père,
un médecin réputé qui jugeait la carrière de naturaliste sans
avenir pour son fils de 16 ans, a fini par l’envoyer étudier la
médecine à la University of Edinburgh. Cependant, le jeune
Charles trouvait les études de médecine ennuyeuses et la
chirurgie de l’époque, épouvantable (l’anesthésie n’existait
pas encore). Il a donc quitté l’école de médecine d’Édimbourg
avant d’avoir obtenu son diplôme pour s’inscrire à la
Cambridge University dans l’intention de devenir pasteur. (À
l’époque, en Grande-Bretagne, la plupart des savants étaient
des ecclésiastiques.)
À Cambridge, Darwin est devenu le protégé du révérend
John Henslow, professeur de botanique. Il a été reçu bachelier
m Figure 22.4 Les caractères acquis ne peuvent pas être
héréditaires. Ce bonsaï a acquis son style et sa taille naine grâce
au travail d’un horticulteur expert. Cependant, les graines de cet arbre
produiront des rejetons dont la taille et la forme seront normales.
Strate la plus
ancienne contenant
les plus vieux
fossiles
Strate la plus jeune
contenant des
fossiles plus récents
1 Les rivières transportent des sédiments
dans des habitats aquatiques comme les
océans et les marécages. Avec le temps,
des couches sédimentaires (strates) se
forment au fond de l’eau. Certaines strates
contiennent des fossiles.
2 Lorsque le niveau
de l’eau change et
que les fonds sont
ramenés à la surface,
les strates et leurs
fossiles sont exposés.
m Figure 22.3 La formation de strates sédimentaires
avec fossiles.
