chapitre 22 La « descendance avec modification » : l’évolution selon Darwin 525
et continuelles et non d’événements soudains, alors la Terre
était très ancienne et son âge dépassait assurément les
6 000 ans que lui attribuaient des théologiens. Plus tard, Darwin
en est venu à la conclusion que des pro cessus aussi lents et
ténus pouvaient à la longue agir sur les orga nismes et entraîner des changements importants. Il n’était d’ailleurs pas le
premier à appliquer le principe du gradualisme à l’évolution
biologique.
L’hypothèse de l’évolution
selon Lamarck
Au cours du 18
e
siècle, plusieurs naturalistes (dont Erasmus
Darwin, le grand-père de Charles Darwin) considéraient que
la vie avait évolué en fonction de changements dans l’environnement. Mais un seul des prédécesseurs de Charles Darwin
a imaginé un modèle pour expliquer les modalités de l’évo lution biologique : le biologiste français Jean-Baptiste de Lamarck
(1744-1829). Malheureusement, on se souvient de lui surtout pour son explication erronée des mécanismes de l’évolution, oubliant qu’il a compris que l’évolution explique
les archives fossiles et les adaptations des organismes à leur
environnement.
Lamarck a publié sa théorie en 1809, l’année de naissance
de Charles Darwin. En comparant des espèces contemporaines à des formes fossiles, il a cru déceler des lignées, c’està-dire des séries chronologiques de fossiles menant à des espèces
modernes. Selon lui, les espèces pouvaient se transformer en
d’autres espèces (d’où le nom de transformisme qu’on a
donné à sa théorie), produisant des lignées qui n’auraient toutefois pas d’origine commune. Lamarck expliquait ce phénomène par deux principes en vogue à l’époque. Le premier
était celui de l’usage et du non-usage, selon lequel les organes
qu’un organisme utilisait intensivement se développaient et
se renforçaient, tandis que ceux dont il ne se servait pas
s’atrophiaient. Pour illustrer l’effet de l’usage, Lamarck citait
parmi d’autres exemples celui de la girafe qui allonge le cou
pour atteindre les feuilles situées à la cime des arbres. Le second
principe était celui de l’hérédité des caractères acquis, voulant
qu’un organisme puisse transmettre ses modifications à ses
descendants. Lamarck soutenait que le long cou des girafes
s’était formé (de même que ses longues pattes antérieures)
1809
Lamarck publie sa théorie
de l’évolution dans
Philosophie zoologique.
1798
Malthus publie son
Essai sur le principe
de population.
1812
Cuvier publie ses études
sur les vertébrés fossiles.
1830
Lyell publie Principes
de géologie.
1858
Pendant qu’il étudie les espèces dans
l’archipel malais (l’Asie du Sud-Est
insulaire), Wallace fait part à Darwin de
son hypothèse sur la sélection naturelle.
1859
Darwin publie De l’origine
des espèces.
1844
Darwin rédige son
essai sur la descendance
avec modification.
1795
Hutton avance la
théorie du
gradualisme.
1809
Naissance de
Darwin.
1831–1836
Darwin parcourt
le monde à bord
du HMS Beagle.
1790
1870
Un iguane marin des îles Galápagos
m Figure 22.2 Le contexte intellectuel des idées de Darwin.
et continuelles et non d’événements soudains, alors la Terre
était très ancienne et son âge dépassait assurément les
6 000 ans que lui attribuaient des théologiens. Plus tard, Darwin
en est venu à la conclusion que des pro cessus aussi lents et
ténus pouvaient à la longue agir sur les orga nismes et entraîner des changements importants. Il n’était d’ailleurs pas le
premier à appliquer le principe du gradualisme à l’évolution
biologique.
L’hypothèse de l’évolution
selon Lamarck
Au cours du 18
e
siècle, plusieurs naturalistes (dont Erasmus
Darwin, le grand-père de Charles Darwin) considéraient que
la vie avait évolué en fonction de changements dans l’environnement. Mais un seul des prédécesseurs de Charles Darwin
a imaginé un modèle pour expliquer les modalités de l’évo lution biologique : le biologiste français Jean-Baptiste de Lamarck
(1744-1829). Malheureusement, on se souvient de lui surtout pour son explication erronée des mécanismes de l’évolution, oubliant qu’il a compris que l’évolution explique
les archives fossiles et les adaptations des organismes à leur
environnement.
Lamarck a publié sa théorie en 1809, l’année de naissance
de Charles Darwin. En comparant des espèces contemporaines à des formes fossiles, il a cru déceler des lignées, c’està-dire des séries chronologiques de fossiles menant à des espèces
modernes. Selon lui, les espèces pouvaient se transformer en
d’autres espèces (d’où le nom de transformisme qu’on a
donné à sa théorie), produisant des lignées qui n’auraient toutefois pas d’origine commune. Lamarck expliquait ce phénomène par deux principes en vogue à l’époque. Le premier
était celui de l’usage et du non-usage, selon lequel les organes
qu’un organisme utilisait intensivement se développaient et
se renforçaient, tandis que ceux dont il ne se servait pas
s’atrophiaient. Pour illustrer l’effet de l’usage, Lamarck citait
parmi d’autres exemples celui de la girafe qui allonge le cou
pour atteindre les feuilles situées à la cime des arbres. Le second
principe était celui de l’hérédité des caractères acquis, voulant
qu’un organisme puisse transmettre ses modifications à ses
descendants. Lamarck soutenait que le long cou des girafes
s’était formé (de même que ses longues pattes antérieures)
1809
Lamarck publie sa théorie
de l’évolution dans
Philosophie zoologique.
1798
Malthus publie son
Essai sur le principe
de population.
1812
Cuvier publie ses études
sur les vertébrés fossiles.
1830
Lyell publie Principes
de géologie.
1858
Pendant qu’il étudie les espèces dans
l’archipel malais (l’Asie du Sud-Est
insulaire), Wallace fait part à Darwin de
son hypothèse sur la sélection naturelle.
1859
Darwin publie De l’origine
des espèces.
1844
Darwin rédige son
essai sur la descendance
avec modification.
1795
Hutton avance la
théorie du
gradualisme.
1809
Naissance de
Darwin.
1831–1836
Darwin parcourt
le monde à bord
du HMS Beagle.
1790
1870
Un iguane marin des îles Galápagos
m Figure 22.2 Le contexte intellectuel des idées de Darwin.
