16 chapitre 1 Introduction : les thèmes de l’étude du vivant
m  Figure 1.19  Unité et diversité dans la famille des orchidées.
Ces trois orchidées vivant dans la forêt tropicale humide sont des variantes
sur un même thème. Par exemple, chacune de ces fleurs a des pétales
en forme de lèvres qui attirent les insectes pollinisateurs et leur offrent
une surface d’appui.
détaillées  de  l’évolution.) 
Darwin  disait  de  l’évolution 
des espèces qu’elle correspondait à une « descendance avec 
modification »,  c’est-à-dire  à 
une  succession  d’ancêtres 
ayant  subi  des  transformations  progressives  au  fil  des 
générations.  Cette  explication rendait compte à la fois 
de  l’unité  et  de  la  diversité 
de la vie : d’une part, on comprend que les espèces ont des 
caractères communs qui proviennent  de  leurs  ancêtres 
communs ;  d’autre  part,  on 
com  prend  que  leurs  différences  résultent  de  modi  fications  apparues  au  fur  et  à 
mesure  que  ces  espèces  se 
sont  séparées  de  leurs  an  -
cêtres communs (figure 1.19). Darwin proposait en outre un 
mécanisme de l’évolution, soit la sélection naturelle.
Darwin a formulé le concept de sélection naturelle à partir  d’observations  qui  n’étaient  ni  nouvelles  ni  très  poussées. 
En fait, les pièces du casse-tête étaient déjà connues, mais c’est 
lui qui a su comment les agencer. Il a entrepris sa réflexion à 
partir de trois observations sur la nature. La première veut que, 
dans une popu  lation donnée, de nombreux caractères héréditaires  (c’est-à-dire  transmis  par  les  parents)  varient  d’un  individu à l’autre. Deuxièmement, une population a la capacité de 
produire  un  nombre  de  descendants  supérieur  au  nombre 
pouvant survivre et se reproduire, compte tenu des ressources 
limitées  du  milieu.  Cette  surnatalité  entraîne  inévitablement 
une lutte pour la survie. Troisièmement, les espèces sont généralement  faites  pour  vivre  dans  leur  environnement ;  autrement dit, elles y sont adaptées. Par exemple, les oiseaux qui se 
nourrissent  principalement  de  graines  à  enveloppe  dure  ont 
un bec particulièrement robuste. 
Les conclusions que Darwin a tirées de ces observations lui 
ont  permis de  formuler  sa théorie de  l’évolution. Il a  déduit 
que les individus possédant les caractères les mieux adaptés à 
leur  milieu  de  vie  engendrent  généralement  beaucoup  plus 
de descendants féconds que les autres. Au fil des générations, 
une  proportion  grandissante  d’individus  d’une  population 
présenteront  les  caractères  héréditaires  les  mieux  adaptés  à 
l’environnement.  L’évo  lution  survient  lorsque  le  succès 
repro  ductif  inégal  des  individus  finit  par  rendre  la  population  adaptée  à  son  envi  ronnement,  tant  et  aussi  longtemps 
que l’envi  ronne  ment reste inchangé. 
Darwin  a  appelé  ce  méca  nisme  d’adaptation  évolutive  la 
sélection naturelle,  parce  que  l’environnement  naturel 
fait une « sélection » des caractères  les mieux  adaptés parmi 
une  variété  de  caractères  que  présentent  naturellement  les 
individus.  L’exemple  de  la  figure  1.20  illustre  le  mécanisme 
par  lequel  la  sélection  naturelle  peut  faire  le  « tri »  dans  les 
variations héréditaires d’une population. Les effets de la sélection  naturelle  sont  révélés  par  l’adap  tation  parfois  raffinée 
des  organismes  aux  contraintes  de  leur  environnement.  Les 
m  Figure 1.18  Le jeune
Charles Darwin.
ailes  de  la  chauve-souris,  présentée  à  la  figure  1.21,  constituent un excellent exemple d’adaptation.
L’arbre de la vie
Examinez à nouveau l’architecture squelettique des ailes de la 
chauve-souris  à  la  figure  1.21.  Ses  membres  antérieurs  sont 
adaptés  au  vol,  mais  ils  possèdent  les  mêmes  os,  les  mêmes 
articulations,  les  mêmes  nerfs  et  les  mêmes  vaisseaux  sanguins que ceux des membres d’autres espèces, comme le bras 
humain,  la  patte  antérieure  du  cheval  ou  la  nageoire  de  la 
baleine. En fait, les membres antérieurs des Mammifères sont 
des  variations  anatomiques  d’une  architecture  commune, 
tout  comme  les  fleurs  de  la  figure  1.19  sont  des  variations 
typiques des orchidées. Ces exemples de liens de parenté relient 
le concept de l’« unité dans la diversité » et celui de la « descendance  avec  modification »  de  Darwin.  Autrement  dit,  l’unité 
qui  se  dégage  de  l’anatomie  des  membres  des  Mammifères 
montre  que  cette  structure  provient  d’un  ancêtre  commun, 
sorte de « prototype » de mammifère dont descendent tous les 
autres  mammifères.  La  diversité  des  membres  antérieurs  des 
Mammifères témoigne des modifications produites par sélection naturelle sur des millions de générations dans différents 
contextes  environnementaux.  Les  fossiles  et  d’autres  preuves 
corroborent l’unité anatomique et appuient la théorie voulant 
que les Mammifères descendent tous d’un ancêtre commun.
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