8 – EFFETS DE L’ENVIRONNEMENT
SUR LES ENZYMES
8.1. EFFET DU PH SUR LES CINÉTIQUES ENZYMATIQUES
Parmi les nombreux problèmes rencontrés lors des premières études des cinétiques
enzymatiques, le plus important était certainement l’absence de compréhension de
l’effet de la concentration en ion hydrogène, H
+
. En solution aqueuse, la concentration de proton varie entre 1 M et 10
–14 M, une gamme extrêmement large qui est
communément exprimée à l’aide d’une échelle logarithmique, pH = – log [] H
+
,
de manière à réduire la taille des chiffres manipulés. Tous les enzymes sont profondément influencés par le pH, et aucun progrès substantiel n’a pu être réalisé jusqu’à
ce que MICHAELIS et ses collaborateurs fassent du contrôle du pH une opération de
routine de toute étude enzymatique sérieuse. Le concept de tampon pour contrôler
la concentration de proton libre et l’échelle de pH qui permet de l’exprimer, ont été
introduits par SØRENSEN (1909), dans une publication démontrant l’importance de
la concentration de l’ion hydrogène dans les études enzymatiques. MICHAELIS,
cependant, avait déjà commencé à travailler dans cette direction (voir MICHAELIS,
1958) et ce n’est que peu de temps après qu’apparu le premier papier d’une longue
série sur les effets du pH sur les enzymes (MICHAELIS et DAVIDSON, 1911). Bien
qu’il existe encore certains désaccords concernant l’interprétation des effets du pH
sur la cinétique enzymatique, l’importance pratique du pH reste immuable : il est
impossible d’envisager une étude cinétique sans contrôle adéquat du pH.
Leonor MICHAELIS (1875-1949)
Leonor MICHAELIS est né à Berlin. Comme HENRI, l’extraordinaire fertilité de son esprit l’a
conduit à l’excellence dans de multiples domaines.
Après avoir passé un an dans le laboratoire de Paul ERLICH, il étudie la médecine clinique
et s’intéresse au contrôle de la concentration de l’ion hydrogène et à son influence sur les
propriétés des solutions de protéines et d’enzymes. Il développe l’utilisation de l’électrode
à hydrogène pour mesurer les effets de la concentration en proton sur l’activité des
enzymes. Il réalise ces travaux à la même époque que le danois Søren SØRENSEN, mais ce
SUR LES ENZYMES
8.1. EFFET DU PH SUR LES CINÉTIQUES ENZYMATIQUES
Parmi les nombreux problèmes rencontrés lors des premières études des cinétiques
enzymatiques, le plus important était certainement l’absence de compréhension de
l’effet de la concentration en ion hydrogène, H
+
. En solution aqueuse, la concentration de proton varie entre 1 M et 10
–14 M, une gamme extrêmement large qui est
communément exprimée à l’aide d’une échelle logarithmique, pH = – log [] H
+
,
de manière à réduire la taille des chiffres manipulés. Tous les enzymes sont profondément influencés par le pH, et aucun progrès substantiel n’a pu être réalisé jusqu’à
ce que MICHAELIS et ses collaborateurs fassent du contrôle du pH une opération de
routine de toute étude enzymatique sérieuse. Le concept de tampon pour contrôler
la concentration de proton libre et l’échelle de pH qui permet de l’exprimer, ont été
introduits par SØRENSEN (1909), dans une publication démontrant l’importance de
la concentration de l’ion hydrogène dans les études enzymatiques. MICHAELIS,
cependant, avait déjà commencé à travailler dans cette direction (voir MICHAELIS,
1958) et ce n’est que peu de temps après qu’apparu le premier papier d’une longue
série sur les effets du pH sur les enzymes (MICHAELIS et DAVIDSON, 1911). Bien
qu’il existe encore certains désaccords concernant l’interprétation des effets du pH
sur la cinétique enzymatique, l’importance pratique du pH reste immuable : il est
impossible d’envisager une étude cinétique sans contrôle adéquat du pH.
Leonor MICHAELIS (1875-1949)
Leonor MICHAELIS est né à Berlin. Comme HENRI, l’extraordinaire fertilité de son esprit l’a
conduit à l’excellence dans de multiples domaines.
Après avoir passé un an dans le laboratoire de Paul ERLICH, il étudie la médecine clinique
et s’intéresse au contrôle de la concentration de l’ion hydrogène et à son influence sur les
propriétés des solutions de protéines et d’enzymes. Il développe l’utilisation de l’électrode
à hydrogène pour mesurer les effets de la concentration en proton sur l’activité des
enzymes. Il réalise ces travaux à la même époque que le danois Søren SØRENSEN, mais ce
