Î
—
_
|.
\
{'
.
.
"
-
"
ANTHBOPOLOGIE.
-
251
poids naturel de l’autre, et que ces extrêmes de misère et de félicité ne sont que des oscillations
-
.
correspondantes, qui agitent tour à tour les hommes; mais ils seraient plus satisfaits peut-être de
1
.
racheter cette existence tumultueuse par un sort plus tranquille. La nature a donné à la race hu—
_
‘
'
_
maine, de plus qu’aux animaux, une faculté spirituelle, qui est pour nous lefruit dela'science du
bien et du mal; elle nous a rendus capables d’impressions plus profondes et plus pénétrantes: par
‘
.
cette voie, elle a versé sur nous, sans mesure, la coupe des plaisirs et des peines... Ce qui diStingue
-
'
éminemment l’Homme de tous les autres êtres, ce sont ses qualités exorbitantes “de domination et de
servitude,de bonheur suprême et de misère insupportables, de science et (l’ignorance, enn de
vertus et de vices, par lesquels il est à la fois la gloire et l’opprobre de la terre... L’Homme est un
.
être excessif en toutes choses; il l’est par sesfacultés corporelles, qui surpassent, en général, celles
_
des animaux et des plantes; il l’est surtout par ses forces morales et intellectuelles, qui lui ont con—quis le sceptre de la terre. L’Homme réùnit toutes les .qualités extrêmes des règnes organisés; on
-
'
peut dire qu’il est en quelque sorte leur cerveau, leur partie pensante et sensible par excellence;
.
tandis que les autres espèces en composent le corps ou la masse brute. De même que le cerveau
est formé pour diriger l’économie vivante de chaque individu, le cerveau des cérps organisés, qui
_
estla race humaine, est établi par la nature comme un suprême modérateur, pour faire régner entre *
.
_
eux une sorte d’équilibre et de subordination... Mais l’Homme n’est qu’un instrument nécessaire "
‘
_
dans le systéme de la vie; tout ce qui existe n'est donc pas formé exclusivement pour son bonheur;
'
.
et, s’il est le plus puissant, le plus parfait de.tous les animaux, c’est afin d’être le centre d’action,
'
le mobile commun auquel viennent aboutir toutes les forces particulières. De même
souve—
_
.
reins sont institués pour faire le bonheur des peuples, l’H0mme a été établi le chef de tous les êtres
'
pour faire leur bien en général; et il serait également faux de prétendré"que les sujets fussent for—
_
,
més exprès pour le souverain, et que toute la nature ait été créée exclusivement pour l’Homme. La
_
Mouche, qui l’insulte, le Ver, qui dévore ses entrailles, le vil Giron, dont il est la proie, sont—ils
£g=”f
nés pour le servir? Les astres, les saisons, les vents obéissent-ils aux volontés de ce_roi de la terre,
;.
aliment d’un frêle vermisseau‘? Quelle_démence de croire que tout est destiné à notre félicité, que
_
c’est l’unique pensée dela nature! Les pestes, les famines, les maladies, les guerres,,«les passions des
Hommes, leurs infortunes et leurs douleurs, prouvent que nous ne sommes pas plus favorisés au
'
physique que les autres êtres; que
la nature s’est montrée équitable pour tous, et que, pour être
’
_
élevés au premier rang, nous ne sommes pas à l’abri de ses lois; elle n’a fait aucune exception;
—
elle n'a mis aucune distinction entre tous les individus; et les rois, les bergers, naissent et meurent
comme les eurs et les animaux. L’Homme physique n’est donc pour elle qu’un peu de matière or—
-
-
_-ganisée— qu’elle change, transforme à son gré, qu’elle fait croître, engendrer, périr. tour à tour. Ge
.
n?est pas l’Homme qui régne_sur la terre, ce sont les lois de la nature, dont il n’est que l’interprète
‘
'
'
et le dépositaire, il tientd’elle seule l’empire de vie et de mort sur l’animal et sur la_plant‘e‘; mais il
,
,
'
'
est soumis lui-même à ces lois pénibles, irrévocable5; et tute la puissance dela terre, toutela force
du genre humain,. se tait devant la présence du Maître éternel des mon-dés, »
_
=
_
_
'
Viiey, dans plusieurs de ces passages, a trop donné à la puissance de l’Homme, et il l’a fait
,
_
piéter sur celle de Dieu. Laissons Daubenton répondre à ces paradoxes. « Distinguez, dit—il,
—
—
l’empire de Dieu du
l’Homme. Dieu, créateur des êtres,.Gst le seul maître dela
.
‘
nature; l’llomine ne peut rien sur le produit de sa création; il ne,peut rien sur les
_
_
des corps célestes, sur les révolutions de ce globe qu’il habite, il; ne peut rien sur les animaux, les
:
?
végétaux, les minéraux en général;il ne peut rien surles espèces, il_ne peut que sur les individus,
.
.
car les espèces et lamatièré en bloc appartiennent àla nature,“ ou plutôt la constituent; tout se
'
suit, sesuccède, se renouvelle et sement par une puissance irrésistible; l’Homme, entraîné
_
:
'
_
lui—même par le tOrrent‘ des temps, ne peut rien pour sa propre durée; lié par son corps
à la ma_
‘
_,
_
-
”.
tiére, enveloppé
t0urbillon des êtres, il est forcé de subir ‘la-loi c_ommun6;ilobéità la même
.
.
_
;
,
.
puissance, et, comme tout le»reste, il hait, croît et “périt. »_
_
.
;
__
.
_
_
'
»
V
'
—
,
‘
‘
_
Quelquesdétails sur lïHomme_séntiericdrepécessäires avant de le considérer dans ses races.aüÎ
_
.
.
_
seulpoint devue du naturalisteg—, _'
…
.
-—
.
.
.
-
_
-
-
‘_
-
_
-._On a souvent évalué,
géographes,
Hommes vivants sur;
la '_
_.
j
, terre à environ un milliard; mais rien .n’eStlplusincertaiñ-que lapl'upart des calculs sur lesquels
ce
'
'
..
nombre a été établi,,surtoùt enCequ-i concerneles pays étrangers àl’Europe, où souvent
\
.
‘
.
'
/
.,
'
_
.
.
l
l
l
«
(
.
.,
Précédent

- 295/448

Suivant