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"HISTOIRE NATURELLE
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sans doute selon une loi qui est celle d’une progression, mais elle engendre incessammentdes faits
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nouveaux. Le progrès est la plus grande et la plus évidente des preuves_que
l’Homme eSt;une na—
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ture spirituelle pourvue d’organes matériels an d’agir sur le monde phy51que,
eten quelque sorte
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destinée par Dieu pour achever dans ce mondel’œuvre de sa création, pour en être l’administrateur
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et le roi,'ut’opemretüt‘et custodiret illum, comme dit la Genèse. » ‘
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Poùréxpliquer'lerôle que l’Homme est appelé à jouerdans l’ensemble de la"'créat10n, nous
croyons devoir emprunter quelques passages d’Un saVant article de Virey inséré dans le Dzctzon—
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naire d’Histoire naturelle édité par Deterville, tout en faisant obserVer‘que le tableau semble un
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peu assombri, et écrit sous la pressi_0n de l’époque
il a été publié. «Si nous ne con—
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sidérons que l‘Homme pu-rement corporel, si nous étudionssans préjugé sa conformation 1n—
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terne et ses formes extérieures, il ne nous paraîtra qu’un animal peu favorisé au physique, en le
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comparant au reste des êtres. 'Il'n’est pourvu d’aucune des armes défensiVes et offensives que la na'
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ture a distribuées à“tmcun des animaux. Sapeau,‘nue, est exposée à l’ârdéur brûlante du soleil,.
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comme àla froidure rigouréuse’des hivers et à toute—l’intempérie de l’atmosphère; tandis que la na—
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turea pretégé-d’une écorce les arbres eux—mêmes; La longuefaiblesse de notre enfancé, notre
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jettiss‘enient à une foule de maladies dans tOut le cours de la;vie, l’insufsance individuelle de.
…_
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l’Homme, l’intémpérance de ses appétit-5 et_de ses passions—,“ le trouble de sa raison et—son- ignorance
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originelle, le rendent peut-être lapins misérable de toutes les créatures,
sauvage traîne en lan_
guissant, sur la terre, une longue Carrière de douleurs et de tristesse; rebut de la nature, il ne
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jouit d’aucun avantage sans l’acheter au prix de son repos, et demeure en proie à tous les hasards
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de la fortune. Quelle estsa force devant celle du Lion, et la rapidité de sa course auprès de celle du
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Cheval? A—t—il le vol élevé de l’Oiseau, la nage du Poisson,
du Chien, l’œil perçànt de
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l’Aigle et l’ouïe du Lièvre? S’enorgueillira—t—il de sa taille auprès de l’Eléphant, de
de_
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vaut le Singe, de sa légéreté‘pr—ès du Chevreuil? A—t-il la magnicence du Pacn, la voix mélodieüse
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Chaque être a été douéde son instinct, et la nature a pourvu aux besoins de
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tous; elle adonne des serres crochueS, un bec acéré et des ailes. vigoureusés a l’Oiseau de proie;
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elle arma le
de dents et de ”cornes menaçantee; elle protégea la Tortue d’un.épais b0u—
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cliér; elle enrichi—t le Papillon de ses‘édatân‘tes‘"couleurs,' et enseigna aux Oiseaux des forêts leurs
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plus douces chansons : l’Homme seuln‘ezsait rien, ne peutrien‘ sans l’éducation; il fa‘ut lui ensei—
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gner à vivre, à parler-, à bien penser; illui'faut mille: labeurs Jetgni_illef peines pour surmonter. tous
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ses besoins; la nature—ne nous instrùis,it’ qu’à s'o‘uffr—ir la misère, .et nos-premières voix Sont des
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pleurs_f Le Voilà—,;
piedsét poings liés,èetêtre superbe, né pour Commander
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àtousles autresl»llgémit, on l’emma‘illo'tte, on-l’en‘chäine, _0Ù' commence sa vie par des s'upplices,
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pour le seul crime d’être né; Les animaux n’entrent point dans leur carrière sous de_Si.cruels aus—
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pices; aucut‘rd’eüx n’areçu une existence aussi fragile que l’Homme; aucun ne conserve unor—
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gueil aussi—démesuré dans l’àbjection; aucun n’a la superstition, l’avarice, la folie, l’ambitionet
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toutes les fureurs ‘en partage. C’est de ces rigoureux sacrices que n0us avons acheté la raison et
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l’empire du monde,gprésents SonVent‘mestes à'notre bonheur
etçl’on ne peut pas
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si la nature s’est montré’egenversnOus, ouplus'généreùse mére par-ses dons, en maratre plus
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par le prix “qu’elle en exige: Places au som'met"de,= l’échelle "des_irégnesïorganisés‘,- c’est .à
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n0us que viennent aboutir tous les mouvementsqui s’0pèrent parmi eux; parCe que c’estaux ex—'_
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trémités que se font sentir les plus grand‘es'seœüsses; Tôïu t :ceqni.est extrêmepëse principalement
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Sur—l'espèce humaine; Elle est, comme la
organisés. Nous:étendons
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notre vie sur tout le globe; et, tenant ;a‘toutes:ch0ses
volirptés, nous sommes
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vulnérables*danä tous les
n‘osdéSirs-gr riéh‘-n’e‘st_demeuré indifférent pourrions,
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-'_:Bois de'laterre, nos trônes,
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cdmmece‘uxdes‘fp‘rinees,‘sçjnt t0ujours-ehvi—ronnésde son.c‘isét
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‘ _ larmes._Des pié‘rrés, un métal,“ quelques pieds"detérre, en .v'oilà assez pour mettre'en.feu lesfî.quatre
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'c‘oi'nS du monde, et pour arrosér‘la terre
S’il aété:donné à_l’Hom'me d’être leëplus
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Sensibleïdes
il fést—aüSsi
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guère
maux physiques; Tout être n’éprouve de douleurs 'qu’autant qu’—il…â_.dé s‘usCejptibil‘ité
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pour les_souffrir,dé sértédùe le plus sensible est 't0ùjou"rs le plus mailheureux;'mai3, comme ilÏ_peuÏt_
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éprouver le bonheur
proportion, il eSt=”di—féilé dé‘diré s'itfson ët‘at:est plus digne
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d’eue‘- plaint
il 'e‘st‘pluS rais0nnabl‘e dépenser que'=l’uanlest=l Contre—‘ - '
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