6.2 Pharmacogénétique et pharmacogénomique
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tions ont démontré le caractère héréditaire d’un certain nombre d’accidents thérapeutiques : l’hémolyse sous antipaludéens et ses relations
avec les anomalies héréditaires en G6PDH érythrocytaire par exemple.
Historiquement, la discipline a pris consistance en 1980 à propos de la
débrisoquine qui est un hypotenseur ayant un nombre inhabituel
d’effets secondaires. Ce composé est métabolisé par une hydroxylase
qui appartient à la famille des CYP2D6. Il existe des patients, les plus
nombreux, qui métabolisent rapidement ce médicament, dits métaboliseurs rapides, des patients métaboliseurs ultrarapides et des patients,
les plus rares, métaboliseurs lents. Ce trait est transmis sous une forme
autosomale récessive. Il n’est pas nécessaire pour identifier ces différentes classes de patients d’analyser leur génotype, on peut assez facilement savoir à quel groupe ils appartiennent en dosant dans leurs urines
un des métabolites de la débrisoquine, et selon la concentration savoir
si le sujet est ou non un bon métaboliseur de ce médicament. On sait
depuis qu’à chaque classe de patient correspond un allèle spécifique du
gène CYP2D6 qui a été identifié.
Pharmacogénomique a une signification plus large et inclut à la fois
la pharmacogénétique et le champ immense des cibles des médicaments
en y incluant les aspects multigéniques des grands cadres morbides
comme l’athérosclérose, l’écogénétique et la toxicogénétique, c’est-àdire les aspects génétiques des accidents médicamenteux. La pharmacogénomique est fille du Programme Génome Humain. La connaissance de l’ensemble des gènes et l’arrivée de techniques qui permettent
d’explorer l’ensemble de l’expression génétique, ont fourni au pharmacologue (comme au toxicologue) des outils permettant l’étude de
l’ensemble des gènes et de leur expression contrôlant à la fois l’efficacité, la sensibilité et la recherche thérapeutique.
Il faut d’abord distinguer trois aspects différents à la fois sur un plan
conceptuel et sur un plan stratégique.
(1) La sensibilité au traitement est un trait multigénique. Il peut
s’agir de polymorphismes géniques modifiant le transport ou les mécanismes d’inactivation des médicaments, certains de ces allèles peuvent
bloquer l’élimination des médicaments, lesquels s’accumulent et devien-
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