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2 • Rappel historique
– Thomas Morgan (1866-1945) de l’université de Columbia, est une
étape à lui tout seul. C’est lui qui a apporté les preuves les plus décisives concernant le support matériel de l’hérédité en développant un
modèle animal, toujours en usage, la Drosophile. C’est à lui que l’on
doit la mise en évidence du brassage génétique à l’origine de la variabilité des individus et des espèces, et aussi des mutations pathogènes 1 .
– À la suite de Morgan, la biologie moléculaire a connu une explosion
qui a abouti à la découverte de la structure en double hélice de
l’ADN par Crick et Watson, et à celle du code génétique et des
mécanismes de la transcription et de la traduction des protéines.
L’intuition de Mendel a été définitivement confirmée par le séquençage du génome et par les données de la génétique moderne. Les
retombées en sont considérables.
2.3.3 Le développement scientifique de la physiologie
Claude Bernard était d’abord un expérimentateur, et on lui doit la
découverte de plusieurs fonctions comme la fonction glycogénique du
foie. Mais il a surtout été celui qui a établi les principes de la physiologie et de la médecine expérimentales et a fondé la physiologie. La
notion de milieu intérieur restera le premier élément d’intégration à
partir duquel seront découvertes la bioénergétique, les hormones (un
concept, plus encore que des molécules), les vitamines et la respiration
cellulaire. Parallèlement, la méthodologie prônée et expérimentée par
Claude Bernard devient de routine dans tous les laboratoires du
monde, et permet d’établir les fondements de la physiologie rénale,
cardiaque, vasculaire, digestive et de la neurophysiologie. À la fin du
XX e siècle, la discipline a souffert de l’ambiance réductionniste et de la
compétition avec la biologie moléculaire et la génomique. L’approche
intégrée chère à Claude Bernard n’a plus été à la mode pendant une
bonne trentaine d’années, dans le monde entier. Mais, au fur et à
mesure de l’achèvement du programme génome et du développement
1. Morgan est devenu une unité, le centiMorgan, qui mesure, de façon statistique, les espaces séparant les gènes sur un chromosome.
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