5.3 Transferts géniques
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
5.3.5 Transferts géniques à visée thérapeutique
Il y a deux manières d’envisager la thérapie génique. On peut chercher
à remplacer un gène défectueux par un gène normal, ce type d’essai en
est pour l’instant essentiellement au stade expérimental. La thérapie
par les gènes est par contre plus avancée, elle en est déjà aux premiers
essais chez l’homme et consiste à cibler dans un tissu malade l’expression d’un gène destructeur, ou celle d’un gène exprimant, par exemple,
le peptide manquant, et utilise comme vecteur les lymphocytes, un
rétrovirus, un adénovirus (si la cellule ne se divise pas voir une suspension
de liposomes, sur des cellules autosomales uniquement bien entendu.
Le premier essai de thérapie génique entrepris chez l’homme est
celui de l’équipe de Rosenberg, pour traiter le mélanome qui est une
forme de cancer redoutable – ce qui justifie les essais thérapeutiques à
risque. Rosenberg a eu l’idée d’utiliser un vecteur naturel déjà ciblé sur
la tumeur : les « Tumor Infiltrating Lymphocytes », TIL, c’est-à-dire des
lymphocytes particuliers, prélevés dans la tumeur elle-même. Ces lymphocytes sont cultivés et réinjectés avec de l’Interleukine 2 qui stimule
l’immunité, cette immunothérapie d’un type nouveau a entraîné dans
les premiers essais une réduction significative du nombre de métastases.
Le premier traitement d’une maladie génétique humaine a été
entrepris avec succès par F Anderson et M Blaese. Il a porté sur une
maladie immunitaire gravissime due à une déficience enzymatique en
adenosine désaminase. Le traitement substitutif a utilisé comme vecteur des lymphocytes normaux dans lesquels on a introduit le gène
codant pour la protéine déficitaire. Le résultat clinique a été spectaculaire, mais il faut bien entendu répéter ces injections tous les 4-5 mois
car la durée de vie des lymphocytes est limitée.
Le prix Nobel de médecine a été attribué en 1985 à Brown et
Goldstein qui ont découvert la cause d’une forme familiale grave
d’hypercholestérolémie et en même temps les récepteurs des lipoprotéines (Brown 1986). Il existe une maladie génétique dans laquelle ces
récepteurs sont anormaux et incapables d’assurer une épuration normale du cholestérol. Ces malades font des infarctus du myocarde graves à l’âge de 20 ans du fait de leur hypercholestérolémie. La thérapie a
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© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
5.3.5 Transferts géniques à visée thérapeutique
Il y a deux manières d’envisager la thérapie génique. On peut chercher
à remplacer un gène défectueux par un gène normal, ce type d’essai en
est pour l’instant essentiellement au stade expérimental. La thérapie
par les gènes est par contre plus avancée, elle en est déjà aux premiers
essais chez l’homme et consiste à cibler dans un tissu malade l’expression d’un gène destructeur, ou celle d’un gène exprimant, par exemple,
le peptide manquant, et utilise comme vecteur les lymphocytes, un
rétrovirus, un adénovirus (si la cellule ne se divise pas voir une suspension
de liposomes, sur des cellules autosomales uniquement bien entendu.
Le premier essai de thérapie génique entrepris chez l’homme est
celui de l’équipe de Rosenberg, pour traiter le mélanome qui est une
forme de cancer redoutable – ce qui justifie les essais thérapeutiques à
risque. Rosenberg a eu l’idée d’utiliser un vecteur naturel déjà ciblé sur
la tumeur : les « Tumor Infiltrating Lymphocytes », TIL, c’est-à-dire des
lymphocytes particuliers, prélevés dans la tumeur elle-même. Ces lymphocytes sont cultivés et réinjectés avec de l’Interleukine 2 qui stimule
l’immunité, cette immunothérapie d’un type nouveau a entraîné dans
les premiers essais une réduction significative du nombre de métastases.
Le premier traitement d’une maladie génétique humaine a été
entrepris avec succès par F Anderson et M Blaese. Il a porté sur une
maladie immunitaire gravissime due à une déficience enzymatique en
adenosine désaminase. Le traitement substitutif a utilisé comme vecteur des lymphocytes normaux dans lesquels on a introduit le gène
codant pour la protéine déficitaire. Le résultat clinique a été spectaculaire, mais il faut bien entendu répéter ces injections tous les 4-5 mois
car la durée de vie des lymphocytes est limitée.
Le prix Nobel de médecine a été attribué en 1985 à Brown et
Goldstein qui ont découvert la cause d’une forme familiale grave
d’hypercholestérolémie et en même temps les récepteurs des lipoprotéines (Brown 1986). Il existe une maladie génétique dans laquelle ces
récepteurs sont anormaux et incapables d’assurer une épuration normale du cholestérol. Ces malades font des infarctus du myocarde graves à l’âge de 20 ans du fait de leur hypercholestérolémie. La thérapie a
