8
2 • Rappel historique
2.1 AVANT LE MILIEU DU XIX e SIÈCLE
C’est J.-B. Lamarck qui a découvert l’évolution biologique. Lamarck
était d’abord un savant du XVIII e siècle, héritier de Buffon, qui avait
réalisé un travail gigantesque de systématique, mais c’est sa « Philosophie Zoologique » qui reste la première théorie cohérente de l’évolution. Cette théorie était basée sur l’évolution des caractères acquis sous
l’action directe du milieu et de l’usage. On sait maintenant que les
caractères acquis ne sont pas transmissibles, mais c’est indiscutablement à Lamarck que l’on doit la notion d’évolution, ce qui ne l’a pas
empêché de mourir en 1829 aveugle et oublié.
Au début du XIX e , l’hérédité était encore une notion confuse, en partie
théologique, loin de toute approche scientifique. Les deux ténors de
l’Académie des Sciences de l’époque, Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire,
s’opposaient dans des joutes oratoires célèbres sans la moindre allusion
à une quelconque hérédité. Pour Cuvier, fixiste convaincu, forte personnalité, il existe un plan fixe de création hiérarchisée du règne animale. Pour Geoffroy Saint-Hilaire, transformiste, tous les animaux
sont bâtis sur le même plan grâce à un nombre limité d’éléments organiques, le tout dirigé par un fluide vital. Mais pour les deux protagonistes, surtout pour Cuvier, la diversité du monde vivant est un acquis.
Avant Claude Bernard, la physiologie était chimie physiologique.
Lavoisier et Laplace, avec des moyens essentiellement chimiques, démontrent les bases essentielles des échanges gazeux. Ce sont aussi des chimistes allemands qui ont permis le dosage de l’azote et la synthèse de
l’urée. La physiologie, c’est aussi Magendie, le patron de Claude Bernard. Magendie avait fait de l’expérimentation et du scepticisme un
dogme absolu, dogme qu’il transmit à Bernard. Ce faisant il s’opposait
aux « vitalistes » et tout particulièrement à Bichat qui admettait l’existence de « forces vitales » tout à fait différentes des forces physicochimiques. « D’abord les faits », résumait tout Magendie, « mais ensuite
posez la bonne question » répliquait Bernard. Vieux débat, encore bien
présent dans beaucoup de laboratoires.
Précédent

- 11/178

Suivant