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60 Inhibitionirréversible
Mots clés
Inhibiteur irréversible, analogue de l’état de transition, réactifs alkylants, organophosphates.
1. CARACTÉRISTIQUES DE L’INHIBITION IRRÉVERSIBLE
Du point de vue cinétique, un inhibiteur irréversible se comporte comme un inhibiteur
non-compétitif (Fiche 58) : il diminue la vitesse maximum sans toutefois modifier la K m
du substrat. La seule différence réside dans la stabilité du complexe enzyme-inhibiteur.
L’inhibition non-compétitive est réversible : il suffit de dialyser la solution contenant le
complexe EI (Fiche 47), ou bien de la soumettre à une filtration sur gel (Fiche 48) pour
dissocier le complexe, retrouver l’enzyme libre et, en principe, son activité. Les mêmes
opérations seront sans effet si l’enzyme est associée, par exemple par liaison covalente, à
un inhibiteur irréversible.
2. AGENTS ALKYLANTS
Il s’agit de réactifs permettant de greffer par covalence des groupements sur les fonctions
particulièrement réactives des sites actifs. Par exemple, l’iodoacétate inactive la papaïne,
protéase du papayer, en réagissant avec la fonction thiolate (résidu cystéine) du site actif :
+
+ I –
Iodoacétate
Papaïne active
(thiolate)
(thioacétate)
Papaïne inactive
Iodure
Une réaction similaire conduit à l’inactivation irréversible des protéases comme la trypsine, la chymotrypsine et des estérases comme l’acétylcholine estérase dont le site actif
comporte un résidu sérine, par l’action du parahydroxymercuribenzoate (pOHMB) ou
du fluorure de phénylméthylsulfonyl (PMSF). Ces deux réactifs sont utilisés au laboratoire afin de préserver les protéines purifiées de l’action éventuelle des protéases à sérine.
3. INHIBITEURS SUICIDE
D’un point de vue chimique, ces inhibiteurs agissent comme les précédents, mais les
inhibiteurs suicide agissent spécifiquement sur les enzymes qu’ils inactivent parce qu’ils
sont reconnus somme des substrats, voire somme des analogues de l’état de transition.
9782100724185-Livre.indb 144
20/05/15 19:12
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