14. D EL AC ELLULE ÀL ’ ORGANISME.L AD IFFÉRENCIATION CELLULAIRE 435
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
groupes considérés : plantes, Algues ou Champignons, ces deux types de constituants ne se rencontrent pas dans les mêmes proportions et n’ont
pas la même nature chimique.
Chez les plantes vertes, le composant fibrillaire
est abondant et formé de cellulose, alors que la
matrice est formée de pectines, d’hémicelluloses et
de glycoprotéines ; le détail de l’organisation de ce
type de paroi sera donné plus loin. Chez les
Algues, qui constituent un ensemble très hétérogène, il existe une grande diversité de situations
qui ne peut être décrite ici ; de façon générale, le
composant fibrillaire est peu important et constitué de cellulose ou bien de polymères de mannose
(mannanes) ou de xylose (xylanes). La matrice y
est particulièrement abondante (jusqu’à 80 % de la
matière sèche de la paroi) et elle est constituée de
polysaccharides acides et de glycoprotéines très
hydrophiles ; certains de ces polysaccharides ressemblent aux pectines des plantes, tandis que
d’autres sont spécifiques : il s’agit de composés
sulfatés tels que des fucanes (à fucose-sulfate, chez
les Algues brunes) ou des carraghénanes (à galactose-sulfate, chez les Algues rouges), d’où on tire
les substances appelées agar-agar ou gélose utilisées comme gélifiants dans les industries alimentaires. Chez les Champignons, la paroi est le plus
souvent épaisse mais souple ; elle est constituée de
chitine (et de cellulose chez les Oomycètes) pour la
partie fibrillaire, tandis que la matrice est riche en
glycoprotéines et en glucanes voisins de la callose.
Dans ces trois catégories d’êtres vivants, la nature
et l’organisation de la paroi constituent une adaptation à un mode de vie particulier : vie aquatique
ou aérienne ; nutrition de type autotrophe ou
hétérotrophe osmotrophe (voir chapitre 1).
Chez les plantes supérieures, de nombreux
types cellulaires peuvent être différenciés sur la
base de leur seule paroi. De l’extérieur vers l’intérieur, on distingue classiquement trois éléments de
structure au sein de celle-ci : la lamelle moyenne,
la paroi primaire et la paroi secondaire.
• La lamelle moyenne, qui fait office de
«ciment mitoyen » entre deux cellules voisines, est
sécrétée et mise en place conjointement par les
deux cellules issues d’une division (voir chapitre 12). Elle est de nature pectocellulosique.
• La paroi primaire est caractéristique des cellules jeunes et en croissance ou peu différenciées
et de type parenchymateux. En général fine et
riche en eau, elle est extensible et malléable ; sa
composition est assez uniforme (voir plus loin).
Dans un type de tissu appelé collenchyme, qui a
un rôle de soutien chez les organes jeunes en croissance, cette paroi primaire peut s’épaissir considérablement tout en restant de même nature
chimique. Les fibres de cellulose y sont déposées
en feuillets concentriques disposés alternativement de façon perpendiculaire ou parallèle à l’axe
d’allongement de la cellule (structure en contreplaqué ; voir figure 14.14). Ces parois sont souples
Figure 14.14
Organisation de la paroi chez les Végétaux supérieurs
(a) Aspect obtenu en microscopie électronique, après
dissolution de la matrice (technique d’ombrage métallique ; 21 000) ; noter la disposition perpendiculaire des
fibres de cellulose les unes par rapport aux autres).
(b) Schéma montrant la structure de type contre-plaqué
de la paroi secondaire. (c) Une légère rotation de l’orientation des fibres de cellulose au niveau de chaque
couche rend compte d’une disposition en arceaux visible
sur les coupes de microscopie électronique (d’après
J.-C. Roland).
a
c
b
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
groupes considérés : plantes, Algues ou Champignons, ces deux types de constituants ne se rencontrent pas dans les mêmes proportions et n’ont
pas la même nature chimique.
Chez les plantes vertes, le composant fibrillaire
est abondant et formé de cellulose, alors que la
matrice est formée de pectines, d’hémicelluloses et
de glycoprotéines ; le détail de l’organisation de ce
type de paroi sera donné plus loin. Chez les
Algues, qui constituent un ensemble très hétérogène, il existe une grande diversité de situations
qui ne peut être décrite ici ; de façon générale, le
composant fibrillaire est peu important et constitué de cellulose ou bien de polymères de mannose
(mannanes) ou de xylose (xylanes). La matrice y
est particulièrement abondante (jusqu’à 80 % de la
matière sèche de la paroi) et elle est constituée de
polysaccharides acides et de glycoprotéines très
hydrophiles ; certains de ces polysaccharides ressemblent aux pectines des plantes, tandis que
d’autres sont spécifiques : il s’agit de composés
sulfatés tels que des fucanes (à fucose-sulfate, chez
les Algues brunes) ou des carraghénanes (à galactose-sulfate, chez les Algues rouges), d’où on tire
les substances appelées agar-agar ou gélose utilisées comme gélifiants dans les industries alimentaires. Chez les Champignons, la paroi est le plus
souvent épaisse mais souple ; elle est constituée de
chitine (et de cellulose chez les Oomycètes) pour la
partie fibrillaire, tandis que la matrice est riche en
glycoprotéines et en glucanes voisins de la callose.
Dans ces trois catégories d’êtres vivants, la nature
et l’organisation de la paroi constituent une adaptation à un mode de vie particulier : vie aquatique
ou aérienne ; nutrition de type autotrophe ou
hétérotrophe osmotrophe (voir chapitre 1).
Chez les plantes supérieures, de nombreux
types cellulaires peuvent être différenciés sur la
base de leur seule paroi. De l’extérieur vers l’intérieur, on distingue classiquement trois éléments de
structure au sein de celle-ci : la lamelle moyenne,
la paroi primaire et la paroi secondaire.
• La lamelle moyenne, qui fait office de
«ciment mitoyen » entre deux cellules voisines, est
sécrétée et mise en place conjointement par les
deux cellules issues d’une division (voir chapitre 12). Elle est de nature pectocellulosique.
• La paroi primaire est caractéristique des cellules jeunes et en croissance ou peu différenciées
et de type parenchymateux. En général fine et
riche en eau, elle est extensible et malléable ; sa
composition est assez uniforme (voir plus loin).
Dans un type de tissu appelé collenchyme, qui a
un rôle de soutien chez les organes jeunes en croissance, cette paroi primaire peut s’épaissir considérablement tout en restant de même nature
chimique. Les fibres de cellulose y sont déposées
en feuillets concentriques disposés alternativement de façon perpendiculaire ou parallèle à l’axe
d’allongement de la cellule (structure en contreplaqué ; voir figure 14.14). Ces parois sont souples
Figure 14.14
Organisation de la paroi chez les Végétaux supérieurs
(a) Aspect obtenu en microscopie électronique, après
dissolution de la matrice (technique d’ombrage métallique ; 21 000) ; noter la disposition perpendiculaire des
fibres de cellulose les unes par rapport aux autres).
(b) Schéma montrant la structure de type contre-plaqué
de la paroi secondaire. (c) Une légère rotation de l’orientation des fibres de cellulose au niveau de chaque
couche rend compte d’une disposition en arceaux visible
sur les coupes de microscopie électronique (d’après
J.-C. Roland).
a
c
b
