362 B IOLOGIE CELLULAIRE
De toutes les propriétés caractérisant les êtres
vivants, la plus manifeste et la plus fascinante est
certainement la reproduction ; l’observation
banale montre que tous les organismes, simples ou
complexes, donnent naissance à des organismes
ayant des caractéristiques morphologiques, anatomiques et physiologiques identiques aux leurs.
Cependant, comme tous sont constitués de cellules, et que chacune d’elles dérive d’une cellule
préexistante, ce processus doit d’abord être analysé à son échelle, à celle de ses organites, et évidemment à celle du matériel génétique qui
contient le programme permettant sa construction
(voir chapitres 2 et 4). La reproduction cellulaire
est donc à la base de toute reproduction, qu’elle
concerne les êtres pluricellulaires ou pas, et qu’elle
intervienne dans la reproduction sexuée ou pas.
En raison de cette position centrale, elle présente
une importance et une signification biologique très
variables selon les cycles de vie des organismes.
La propriété fondamentale de l’information
génétique est sa capacité à se reproduire fidèlement, afin que soit assurée sa continuité dans le
temps. Les cellules-filles issues de la division
d’une cellule-mère héritent ainsi d’un programme
leur conférant une probabilité de survie à court
terme et des propriétés fonctionnelles équivalentes
à celles de la génération précédente. De même que
pour l’expression du matériel génétique, les mécanismes moléculaires mis en oeuvre dans la réplication de l’ADN sont très semblables chez les
Procaryotes et les Eucaryotes. Les modalités du
partage de ce matériel génétique entre cellulesfilles, après sa duplication, sont en revanche beaucoup plus complexes chez les seconds que chez les
premiers. Ceci s’explique par le fait que la quantité
d’information génétique et son organisation générale sont très différentes chez ces deux groupes
d’êtres vivants (voir chapitres 4 et 8).
L’ADN est une molécule fragile, sensible à la
fois à des agressions internes à l’organisme luimême, ou à celles issues de son environnement ;
les processus de réplication conduisent en outre à
de rares, mais inévitables erreurs. Les conséquences des modifications chimiques de l’ADN
sont potentiellement désastreuses pour les cellules
et les organismes, à la fois à court terme et à long
terme. En effet, les altérations spontanées ou provoquées, ainsi que les erreurs de réplication,
conduisent au blocage des processus de réplication ou de transcription et, de plus, elles induisent
des mutations.
On distingue différents types de divisions cellulaires selon leurs manifestations cytologiques et les
conséquences génétiques auxquelles elles conduisent pour les cellules-filles. Chez les unicellulaires,
on parle de scissiparité lorsque la division ne met
visiblement pas en oeuvre de mécanisme spécialisé, et repose uniquement sur la simple coupure
en deux parts égales (bipartition) de tous les
constituants cellulaires, puis de la cellule ellemême. C’est le cas chez tous les Procaryotes et
quelques Eucaryotes (Protistes, Algues et
Champignons unicellulaires) dont le noyau semble
Chapitre 12
PROLIFÉRATION
DES CELLULES.
Aspects moléculaires
et cellulaires de la division
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