9. S YNTHÈ SE ET ROUTAGE DES PROTÉINES CHEZ LES EUCARYOTES. BIOGENÈ SE DES ORGANITES 249
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
somes de forme arquée ou spiralée. Les cellules
pancréatiques contiennent un abondant RR se présentant sous formes de nappes serrées et concentriques, disposées tout autour du noyau.
• Un réticulum dont la surface externe est lisse,
et qui se présente en général sous forme d’un
réseau de canaux ou de tubules contournés et anastomosés ; c’est le réticulum lisse (RL) ou agranulaire (voir figure 9.3). De façon habituelle, ce
composant du réticulum est beaucoup moins
abondant que le précédent (voir le tableau 5.1).
Le RR est en rapport direct avec le noyau de la
cellule car la membrane externe de ce dernier est
localement en continuité avec lui et porte parfois
des ribosomes typiques ; les cavités de ces deux
systèmes communiquent donc entre elles. De
même, et bien qu’elles soient ségrégées dans différentes régions de la cellule, les deux composantes
du réticulum sont physiquement en continuité ; il
est important de noter ceci pour bien comprendre
leur fonctionnement complémentaire, basé sur la
fluidité de la bicouche phospholipidique qui permet des échanges de lipides et de protéines entre
ces deux régions. Nous verrons plus loin que le RR
entre aussi en relation avec l’appareil de Golgi,
mais il s’agit de rapports fonctionnels indirects,
par l’intermédiaire de nombreuses vésicules, dites
vésicules de transition. Celles-ci bourgeonnent à
partir de saccules particuliers du RR ; elles sont
recouvertes d’un feutrage formé de protéines spécifiques, différentes de la clathrine (voir chapitre 6).
2.1.2. D IVERSITÉ DES SITUATIONS CELLULAIRES
Suivant les types cellulaires, les proportions des
deux types de réticulum sont très variables. Le RR
est, par exemple, environ 60 fois plus abondant
que le RL dans les cellules pancréatiques ; c’est le
cas aussi, à un degré moindre, pour les lymphocytes et les fibroblastes. Or, ces trois types de cellules ont en commun de synthétiser et de sécréter
en abondance des protéines : respectivement, des
enzymes digestives, des anticorps ou des protéines
de matrice extracellulaire (collagène, élastine, etc.).
En revanche, dans les hépatocytes, le RL est un
peu plus abondant que le RR, et dans les cellules
endocrines stéroïdogènes (sécrétrices d’hormones
stéroïdes), le réticulum endoplasmique existe
essentiellement sous la forme RL ; ces cellules sont
connues pour être spécialisées dans la synthèse
Figure 9.2
Aspect du réticulum endoplasmique rugueux
(a) Coupe de cellule hépatique de cobaye observée en
microscopie électronique. (b) Les nappes jointives de
réticulum montrent de nombreux ribosomes accolés à la
face externe de leur membrane limitante.
Grossissements 24 000 et 60 000. (Clichés J. André,
Labo BC4, Orsay).
a
b
Figure 9.3
Aspect du réticulum endoplasmique lisse
Coupe de cellule stéroïdogène de testicule de rat observée en microscopie électronique. Noter l’aspect tubulaire
de cet organite.
Grossissement 23 000. (Cliché Labo BG, Orsay).
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