7. N UTRITION ET CROISSANCE DES CELLULES.U TILISATION DES MÉTABOLITES 191
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
fusionner avec ces vacuoles, selon le mécanisme
habituel, après quoi la digestion s’engage. Le déterminisme exact de ces mécanismes, qui implique
nécessairement un contrôle subtil afin que toute la
cellule ne soit pas détruite, reste inconnu.
Ce phénomène très sélectif a une ampleur
variable selon les types de cellules, chez les êtres
pluricellulaires. On considère qu’il se déroule en
permanence dans tous les tissus, mais de façon
limitée ; il est très bien documenté dans le cas des
hépatocytes, des cellules rénales et du tissu nerveux. Le taux de renouvellement dans les hépatocytes a été estimé à travers la mesure de la
demi-vie des différents constituants cellulaires,
après leur marquage radioactif. On trouve une
valeur de dix jours, par exemple, pour les mitochondries, de cinq jours pour les ribosomes et de
trois joursp our les peroxysomes. Bien que n’étant
pas détruites à la même vitesse, toutes les structures cellulaires sont renouvelées un grand
nombre de fois au cours de la vie d’un hépatocyte,
qui est estimée à plus de six mois. L’autophagie
contribue ainsi au renouvellement constant et au
recyclage de la matière vivante, et joue à ce titre un
rôle fondamental, attesté par l’existence de
diverses maladies génétiques très graves (voir plus
loin). En cas de carence alimentaire grave (jeûne
prolongé, volontaire ou non), l’autophagie est une
façon pour l’organisme de survivre pendant de
longues périodes (près de deux mois chez
l’Homme).
En revanche, dans certains tissus qui présentent
une involution rapide, ce processus peut conduire
en très peu de temps à la destruction totale des cellules concernées ( histolyse). On connaît chez les
Animaux de nombreux exemples de ce processus
de dégénérescence cellulaire, nommé mort cellulaire programmée ou apoptose, au cours du développement embryonnaire ou larvaire (voir
chapitre 12). C’est lui qui est responsable de la
destruction de l’intestin larvaire, ou de la disparition des branchies et de la queue du têtard, lors de
la métamorphose des Amphibiens anoures (voir
figure 7.17). De même, chez les embryons de
Mammifères, la formation des doigts au cours de
l’organogenèse de la main, ou le percement des
paupières, sont liés à des phénomènes d’histolyse
dus aux lysosomes. Les débris cellulaires résultant
de ces processus sont enfin digérés par des cellules
phagocytaires. Chez l’adulte, la régression
cyclique de certains tissus, comme l’involution de
la muqueuse utérine lors du cycle menstruel ou la
régression des glandes mammaires après la lactation, relèvent des mêmes processus. Des phénoFigure 7.17
Lysosomes secondaires et corps résiduels
Ces structures de grande taille sont observées en microscopie électronique dans les cellules de l’intestin larvaire
d’Amphibien en cours de dégénérescence, lors de la métamorphose (noter les figures «myéliniques » dans le cliché de
droite). Grossissement 12 500. (Clichés J. Hourdry, Orsay).
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
fusionner avec ces vacuoles, selon le mécanisme
habituel, après quoi la digestion s’engage. Le déterminisme exact de ces mécanismes, qui implique
nécessairement un contrôle subtil afin que toute la
cellule ne soit pas détruite, reste inconnu.
Ce phénomène très sélectif a une ampleur
variable selon les types de cellules, chez les êtres
pluricellulaires. On considère qu’il se déroule en
permanence dans tous les tissus, mais de façon
limitée ; il est très bien documenté dans le cas des
hépatocytes, des cellules rénales et du tissu nerveux. Le taux de renouvellement dans les hépatocytes a été estimé à travers la mesure de la
demi-vie des différents constituants cellulaires,
après leur marquage radioactif. On trouve une
valeur de dix jours, par exemple, pour les mitochondries, de cinq jours pour les ribosomes et de
trois joursp our les peroxysomes. Bien que n’étant
pas détruites à la même vitesse, toutes les structures cellulaires sont renouvelées un grand
nombre de fois au cours de la vie d’un hépatocyte,
qui est estimée à plus de six mois. L’autophagie
contribue ainsi au renouvellement constant et au
recyclage de la matière vivante, et joue à ce titre un
rôle fondamental, attesté par l’existence de
diverses maladies génétiques très graves (voir plus
loin). En cas de carence alimentaire grave (jeûne
prolongé, volontaire ou non), l’autophagie est une
façon pour l’organisme de survivre pendant de
longues périodes (près de deux mois chez
l’Homme).
En revanche, dans certains tissus qui présentent
une involution rapide, ce processus peut conduire
en très peu de temps à la destruction totale des cellules concernées ( histolyse). On connaît chez les
Animaux de nombreux exemples de ce processus
de dégénérescence cellulaire, nommé mort cellulaire programmée ou apoptose, au cours du développement embryonnaire ou larvaire (voir
chapitre 12). C’est lui qui est responsable de la
destruction de l’intestin larvaire, ou de la disparition des branchies et de la queue du têtard, lors de
la métamorphose des Amphibiens anoures (voir
figure 7.17). De même, chez les embryons de
Mammifères, la formation des doigts au cours de
l’organogenèse de la main, ou le percement des
paupières, sont liés à des phénomènes d’histolyse
dus aux lysosomes. Les débris cellulaires résultant
de ces processus sont enfin digérés par des cellules
phagocytaires. Chez l’adulte, la régression
cyclique de certains tissus, comme l’involution de
la muqueuse utérine lors du cycle menstruel ou la
régression des glandes mammaires après la lactation, relèvent des mêmes processus. Des phénoFigure 7.17
Lysosomes secondaires et corps résiduels
Ces structures de grande taille sont observées en microscopie électronique dans les cellules de l’intestin larvaire
d’Amphibien en cours de dégénérescence, lors de la métamorphose (noter les figures «myéliniques » dans le cliché de
droite). Grossissement 12 500. (Clichés J. Hourdry, Orsay).
