180 B IOLOGIE CELLULAIRE
fois une seule grosse goutte remplit pratiquement
toute la cellule. L’exemple des hépatocytes des
Vertébrés peut aussi être rappelé, car ceux-ci
contiennent dans leur hyaloplasme, outre une
grande quantité de glycogène, de nombreuses
gouttelettes de lipides.
Il faut enfin signaler le cas particulier du stockage du fer, sous une forme liée à une protéine
nommée ferritine, que l’on rencontre dans le cytoplasme des cellules du foie ou de la rate, chez les
Vertébrés, ou bien chez les Végétaux et les Champignons (phytoferritine)
2.1.2. S TRUCTURES DE RÉSERVE SPÉCIALISÉES
DES CELLULES EUCARYOTIQUES
Il s’agit de structures cellulaires, limitées par
une ou deux membranes, qui dérivent d’organites
classiques après une spécialisation dans la fonction d’accumulation de réserves ; on les observe
aussi bien dans les cellules animales que dans les
cellules végétales.
• Les plaquettes vitellines des ovocytes de
nombreux Animaux constituent des structures de
stockage de protéines ou de lipoprotéines, le plus
souvent d’origine exogène. Ce sont des organites
de grande taille et de densité élevée, limités par
une membrane unique ; on les trouve par exemple
dans le cytoplasme des œufs des Vertébrés qui
sont riches en réserves (Poissons, Amphibiens,
Reptiles et Oiseaux), où ils peuvent représenter
jusqu’à 85 % des protéines cellulaires. Les protéines
s’y trouvent très concentrées et déshydratées, dans
un état pseudocristallin, de telle sorte qu’on peut
observer un réseau géométrique en microscopie
électronique ; la périphérie d’une plaquette vitelline est constituée d’une zone de matériel amorphe
(voir figure 7.9). L’origine des protéines formant
ces structures et les mécanismes qui président à
leur élaboration seront décrits plus loin.
• Les amyloplastes sont des plastes spécialisés
rencontrés chez les Végétaux verts ; il s’agit de
plastes incolores (sans pigments photosynthétiques) qui fabriquent et stockent l’amidon pour
de longues durées. Les grains d’amidon, dont la
taille peut atteindre 150 µ m, ne sont rien d’autre
que des plastes bourrés de ce composé de réserve
glucidique. Selon leur mode de formation, qui est
caractéristique d’espèce, les grains d’amidon ont
une forme, une taille et une organisation interne
bien particulières (voir figure 7.10). Outre les
graines amylacées, où ils sont très abondants
(céréales), on les trouve dans les tissus parenchymateux de réserve, présents dans les tiges, les
tubercules (pomme de terre), les racines et certains
fruits tels que la banane. Ces organes permettent
aux Végétaux de franchir la mauvaise saison, tout
en assurant parfois une multiplication végétative.
On rappelle que les chloroplastes banals sont
capables de stocker l’amidon pendant la journée,
et qu’ils l’hydrolysent la nuit (voir chapitre 10).
L’amidon est un homopolyoside non réducteur,
formé uniquement de glucose ; il est constitué de
deux types de molécules en proportions variables
selon les espèces:l’amylose (25 % chez la pomme
de terre, 5%chez le maïs) et l’amylopectine. La
première est formée de longues chaînes linéaires
d’unités-glucose (1 à 4.10
3
résidus) liées par des
liens α 1 → 4;la seconde est une molécule très
ramifiée, de masse moléculaire élevée (jusqu’à
Figure 7.9
Plaquettes vitellines chez un Amphibien
(1) Cliché obtenu en microscopie photonique (coupe
d’ovocyte de xénope ; 35 00). (2) Cliché obtenu en
microscopie électronique (plaquette isolée).
Noter la présence d’une partie centrale cristallisée, d’une
zone périphérique amorphe et d’une membrane limitante ; × 20 000. (Clichés Labo BG, Orsay).
2
1
Précédent

- 193/514

Suivant