ne forment pas de vacuoles digestives. L’apparition de ces organites n’a lieu que si on ajoute des
polypeptides à ce milieu. De même, les leucocytes
qui phagocytent les hématies ne s’attaquent
qu’aux cellules âgées ou mortes, mais pas à celles
jeunes et en «bonne santé»;le mécanisme de cette
reconnaissance n’est pas encore connu.
3.4. Phénomènes d’exocytose
et de bourgeonnement
3.4.1. E XOCYTOSE
Toutes les cellules eucaryotiques ont la faculté
de sécréter divers composés dans le milieu extérieur. Ceux-ci ont plusieurs destinées : soit ils restent étroitement accrochés à la membrane
plasmique (glycocalyx), soit ils constituent une
matrice extracellulaire emplissant les espaces
libres entre les cellules, soit ils sont émis dans le
milieu intérieur (hormones) ou dans le tractus
digestif (enzymes)…, si on se limite aux Animaux !
Dans ces cellules, ce sont des vésicules spécialisées
de transport qui acheminent leur contenu vers la
membrane plasmique, ainsi que de nouveaux
composants de la membrane elle-même, à la suite
d’un phénomène de fusion des bicouches lipidiques.
L’origine de ces molécules et le phénomène
d’exocytose seront décrits en détail lors de l’étude
de la synthèse protéique et du transit intracellulaire de ces molécules, dans le chapitre 9. Nous
nous contenterons ici d’annoncer les deux grandes
voies que l’on distingue classiquement :
–la voie de sécrétion constitutive, par laquelle
certaines protéines sécrétées ou membranaires,
ainsi que des phospholipides, sont continuellement acheminés vers la membrane plasmique,
au moyen de petites vésicules ;
–la voie de sécrétion provoquée, dans laquelle
des vésicules de stockage sont mises en œuvre ;
celles-ci ne fusionnent avec la membrane que
lorsque la cellule a reçu un signal extracellulaire
bien précis.
Nous nous contenterons ici d’illustrer ce phénomène par un exemple d’exocytose provoquée un
peu particulier, qui complétera les exemples classiques développés dans le chapitre 9, à savoir la
cellule de pancréas exocrine ou la cellule caliciforme à mucus de l’intestin (voir encart suivant).
Pour conclure ce point, il faut se souvenir que
toute exocytose doit être compensée par une endocytose, afin que la surface membranaire reste
constante ; c’est une des fonctions permanentes des
multiples vésicules d’endocytose que la cytologie
met en évidence. On mesure l’importance du pro6. É CHANGES DE MATIÈ RE ENTRE CELLULE ET MILIEU EXTÉRIEUR.L ER Ô LE DE LA MEMBRANE PLASMIQUE 165
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
Sécrétion de l’histamine
et réaction inflammatoire
Les mastocytes sont des cellules particulières de
la lignée sanguine, situées dans le tissu conjonctif, qui fabriquent et libèrent l’histamine (un
dérivé de l’acide aminé histidine) ; celle-ci est
stockée dans de grosses vésicules contenant
également des protéoglycanes, qui la fixent. Ce
composé est responsable de la réaction inflammatoire : certains stimuli (infection locale, lésion
tissulaire…) provoquent la libération rapide,
par exocytose, du contenu de ces vésicules dans
les espaces extracellulaires, ce qui a pour effet
de dilater les vaisseaux sanguins. La libération
d’histamine est la cause de la rougeur locale
observée au niveau de la peau et des démangeaisons, dans le cas d’une irritation ou d’une
piqûre d’insecte… ; elle est aussi responsable des
réactions allergiques : asthme, rhume des foins,
urticaire… Une conséquence importante de
l’augmentation de perméabilité des vaisseaux
est le passage dans les tissus de protéines
sériques (albumine, anticorps…) et de cellules
défensives (globules blancs phagocytaires).
On montre sur ces cellules que le mécanisme de
l’exocytose n’implique pas une réponse globale
de la cellule, car celle-ci ne se produit pas nécessairement au niveau de toute leur surface membranaire. Ceci n’est obtenu que lorsque le ligand
qui stimule le phénomène, par l’intermédiaire
de récepteurs spécifiques, peut agir simultanément sur toute la surface cellulaire (lorsqu’il est
dissous dans le milieu, par exemple). Quand le
stimulus n’est appliqué que sur une partie de
cette surface (par exemple si le ligand a été
adsorbé sur une bille de verre ou de plastique),
c’est à ce niveau seulement que se fera l’exocytose. Après réception du signal, la réponse
intracellulaire est donc très localisée : des territoires isolés de membrane réagissent indépendamment de leurs voisins. Cette propriété
rappelle un peu ce qui sera dit plus tard pour la
phagocytose (voir chapitre 7).
E NCARTB IOMÉDICAL
polypeptides à ce milieu. De même, les leucocytes
qui phagocytent les hématies ne s’attaquent
qu’aux cellules âgées ou mortes, mais pas à celles
jeunes et en «bonne santé»;le mécanisme de cette
reconnaissance n’est pas encore connu.
3.4. Phénomènes d’exocytose
et de bourgeonnement
3.4.1. E XOCYTOSE
Toutes les cellules eucaryotiques ont la faculté
de sécréter divers composés dans le milieu extérieur. Ceux-ci ont plusieurs destinées : soit ils restent étroitement accrochés à la membrane
plasmique (glycocalyx), soit ils constituent une
matrice extracellulaire emplissant les espaces
libres entre les cellules, soit ils sont émis dans le
milieu intérieur (hormones) ou dans le tractus
digestif (enzymes)…, si on se limite aux Animaux !
Dans ces cellules, ce sont des vésicules spécialisées
de transport qui acheminent leur contenu vers la
membrane plasmique, ainsi que de nouveaux
composants de la membrane elle-même, à la suite
d’un phénomène de fusion des bicouches lipidiques.
L’origine de ces molécules et le phénomène
d’exocytose seront décrits en détail lors de l’étude
de la synthèse protéique et du transit intracellulaire de ces molécules, dans le chapitre 9. Nous
nous contenterons ici d’annoncer les deux grandes
voies que l’on distingue classiquement :
–la voie de sécrétion constitutive, par laquelle
certaines protéines sécrétées ou membranaires,
ainsi que des phospholipides, sont continuellement acheminés vers la membrane plasmique,
au moyen de petites vésicules ;
–la voie de sécrétion provoquée, dans laquelle
des vésicules de stockage sont mises en œuvre ;
celles-ci ne fusionnent avec la membrane que
lorsque la cellule a reçu un signal extracellulaire
bien précis.
Nous nous contenterons ici d’illustrer ce phénomène par un exemple d’exocytose provoquée un
peu particulier, qui complétera les exemples classiques développés dans le chapitre 9, à savoir la
cellule de pancréas exocrine ou la cellule caliciforme à mucus de l’intestin (voir encart suivant).
Pour conclure ce point, il faut se souvenir que
toute exocytose doit être compensée par une endocytose, afin que la surface membranaire reste
constante ; c’est une des fonctions permanentes des
multiples vésicules d’endocytose que la cytologie
met en évidence. On mesure l’importance du pro6. É CHANGES DE MATIÈ RE ENTRE CELLULE ET MILIEU EXTÉRIEUR.L ER Ô LE DE LA MEMBRANE PLASMIQUE 165
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
Sécrétion de l’histamine
et réaction inflammatoire
Les mastocytes sont des cellules particulières de
la lignée sanguine, situées dans le tissu conjonctif, qui fabriquent et libèrent l’histamine (un
dérivé de l’acide aminé histidine) ; celle-ci est
stockée dans de grosses vésicules contenant
également des protéoglycanes, qui la fixent. Ce
composé est responsable de la réaction inflammatoire : certains stimuli (infection locale, lésion
tissulaire…) provoquent la libération rapide,
par exocytose, du contenu de ces vésicules dans
les espaces extracellulaires, ce qui a pour effet
de dilater les vaisseaux sanguins. La libération
d’histamine est la cause de la rougeur locale
observée au niveau de la peau et des démangeaisons, dans le cas d’une irritation ou d’une
piqûre d’insecte… ; elle est aussi responsable des
réactions allergiques : asthme, rhume des foins,
urticaire… Une conséquence importante de
l’augmentation de perméabilité des vaisseaux
est le passage dans les tissus de protéines
sériques (albumine, anticorps…) et de cellules
défensives (globules blancs phagocytaires).
On montre sur ces cellules que le mécanisme de
l’exocytose n’implique pas une réponse globale
de la cellule, car celle-ci ne se produit pas nécessairement au niveau de toute leur surface membranaire. Ceci n’est obtenu que lorsque le ligand
qui stimule le phénomène, par l’intermédiaire
de récepteurs spécifiques, peut agir simultanément sur toute la surface cellulaire (lorsqu’il est
dissous dans le milieu, par exemple). Quand le
stimulus n’est appliqué que sur une partie de
cette surface (par exemple si le ligand a été
adsorbé sur une bille de verre ou de plastique),
c’est à ce niveau seulement que se fera l’exocytose. Après réception du signal, la réponse
intracellulaire est donc très localisée : des territoires isolés de membrane réagissent indépendamment de leurs voisins. Cette propriété
rappelle un peu ce qui sera dit plus tard pour la
phagocytose (voir chapitre 7).
E NCARTB IOMÉDICAL
