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Télédétection et cartographie géologique
environ). À l’ouest de Biranques, le ruisseau du Lamalou
traverse ces calcaires au Pont du Renard. Le décalage des
couches calcaires de part et d’autre du ruisseau suggère
qu’une faille passe au niveau du ruisseau. Elle pourrait se
prolonger vers le nordouest, où les niveaux du BerriasienValanginien (A) sont eux aussi déformés.
4) Le sud de la photo montre une formation claire,
d’aspect marbré (D). La planche 915 indique qu’elle surmonte les calcaires de Biranques (C). C’est un empilement
de niveaux d’épandages superficiels continentaux, surtout
marneux dans cette partie nord du bassin de Saint Martin
de Londres. Ils se sont accumulés pendant l’Éocène supérieur (e 56).
5) Les alluvions du Lamalou (E) présentent une surface très plate et une teinte assez homogène. Ce sont des
sédiments récents déposés lors des inondations du ruisseau.
La cartographie des alluvions et des autres formations
superficielles récentes est souvent plus délicate que celle
des formations géologiques anciennes. Ces dernières sont
attaquées par l’érosion, et leurs limites sont assez nettes. Au
contraire, les formations superficielles récentes sont souvent
des dépôts minces, pelliculaires, peu étendus. Elles s’amincissent vers leurs bordures, dont la localisation est de ce fait
mal définie. Ceci explique leur tracé incertain, en tiretés,
sur la figure 6.2.
b) Les observations tectoniques
Mise en évidence de déformations tectoniques
modérées pendant le Crétacé
Dans le versant nord des collines de Biranques, nous avons
constaté que les marnes infralutétiennes (B) reposent en
discordance sur différents niveaux de la série d’âge crétacé
inférieur (A). Cela implique que la série crétacée a subi un
basculement vers le sudest, une émersion et une érosion
avant d’être recouverte par les marnes infralutétiennes.
Cette discordance montre l’existence d’une déformation
tectonique précoce, qui pourrait être à l’origine du changement paléogéographique (émersion) de la région.
Mise en évidence de fortes déformations
tectoniques après le Lutétien
Les dépôts marécageux infralutétiens (B) suggèrent un
paléopaysage plat et bas. Puis au Lutétien s’installe un lac
vaste mais peu profond où se déposent des calcaires (C). Cet
environnement calme s’achève pendant l’Éocène supérieur,
où le lac est comblé par des épandages continentaux. (D).
Ces niveaux sont marneux et tendres dans le secteur de
notre photo. Mais dans le sud du bassin de Saint Martin
de Londres, c’est un puissant ensemble de niveaux de
conglomérats grossiers à gros éléments de calcaires remaniés
surtout de l’anticlinal faillé du Pic Saint Loup, qui forme
la bordure sud du bassin (cf. Planche 915 et coupe géologique). Ces dépôts catastrophiques proviennent du démantèlement actif de reliefs en cours de formation tectonique
autour du bassin. Dans le secteur plus calme de Biranques,
une tectonique plus modérée bascule, plisse et faille les
calcaires lutétiens.
c) Apport géologique des photographies aériennes
Les photographies aériennes permettent d’étudier des secteurs
de plusieurs kilomètres carrés, avec la précision nécessaire à la
cartographie géologique. Elles permettent de reconnaître les
ensembles lithologiques, le pendage des couches, la présence
de failles et de plis. La photointerprétation est utile pour préparer le travail le terrain, ou pour conforter des observations
incertaines au sol. Audelà de la seule géologie, le succès du
site d’imagerie Google Earth témoigne de l’intérêt du public
pour ce type de vision de la Terre.
6.3 LeS imageS de SateLLiteS
Les images satellitaires utilisées couramment en géologie
couvrent des secteurs de 60 km de côté (images SPOT)
à près de 200 km (images LANDSAT). Elles couvrent la
surface de plusieurs cartes géologiques au 1/50 000. Leur
résolution au sol (5 à 25 m en général) est un peu inférieure
à celle des photos aériennes, et cette précision n’est pas toujours suffisante pour permettre une cartographie géologique
détaillée. En contrepartie, le secteur couvert par une image
satellite est beaucoup plus vaste que celui d’une photo
aérienne et permet mieux d’appréhender des phénomènes
de dimension régionale.
Interprétation géologique d’une image- satellite spot
Une image SPOT couvre un secteur de 60 km de côté. La
figure 6.3 (page 56) est un extrait d’image SPOT des environs de Ganges et de Saint Martin de Londres (Hérault).
Ce secteur contient les extraits de cartes géologiques des
planches 9.14 et 9.15, et permet de comparer ce que montre
l’imagesatellite avec les cartes géologiques.
Contrairement aux photographies aériennes (fig. 6.1 et 2),
les images prises par les satellites ne sont pas des clichés
instantanés. Elles sont constituées de très nombreux points
(pixels) collectés par le balayage de la surface terrestre selon
des lignes estouest. Pendant que le satellite tourne autour
de la Terre dans le plan de son orbite, nordsud, la Terre
tourne sur ellemême autour de son axe de rotation nordsud. Le temps de balayer une ligne de points, et la Terre
a légèrement tourné sur ellemême. Aussi les extrémités
d’une ligne de balayage sont légèrement décalées par rapport à celles de la ligne précédente, et ce décalage se reproduit à chaque nouvelle ligne. Les extrémités des lignes de
balayage s’alignent sur des lignes qui constituent les bords
droit et gauche de l’image satellite. Ceuxci ne sont donc
pas nordsud, mais légèrement obliques sur les méridiens
terrestres. Ainsi une image satellite entière n’est pas un
Télédétection et cartographie géologique
environ). À l’ouest de Biranques, le ruisseau du Lamalou
traverse ces calcaires au Pont du Renard. Le décalage des
couches calcaires de part et d’autre du ruisseau suggère
qu’une faille passe au niveau du ruisseau. Elle pourrait se
prolonger vers le nordouest, où les niveaux du BerriasienValanginien (A) sont eux aussi déformés.
4) Le sud de la photo montre une formation claire,
d’aspect marbré (D). La planche 915 indique qu’elle surmonte les calcaires de Biranques (C). C’est un empilement
de niveaux d’épandages superficiels continentaux, surtout
marneux dans cette partie nord du bassin de Saint Martin
de Londres. Ils se sont accumulés pendant l’Éocène supérieur (e 56).
5) Les alluvions du Lamalou (E) présentent une surface très plate et une teinte assez homogène. Ce sont des
sédiments récents déposés lors des inondations du ruisseau.
La cartographie des alluvions et des autres formations
superficielles récentes est souvent plus délicate que celle
des formations géologiques anciennes. Ces dernières sont
attaquées par l’érosion, et leurs limites sont assez nettes. Au
contraire, les formations superficielles récentes sont souvent
des dépôts minces, pelliculaires, peu étendus. Elles s’amincissent vers leurs bordures, dont la localisation est de ce fait
mal définie. Ceci explique leur tracé incertain, en tiretés,
sur la figure 6.2.
b) Les observations tectoniques
Mise en évidence de déformations tectoniques
modérées pendant le Crétacé
Dans le versant nord des collines de Biranques, nous avons
constaté que les marnes infralutétiennes (B) reposent en
discordance sur différents niveaux de la série d’âge crétacé
inférieur (A). Cela implique que la série crétacée a subi un
basculement vers le sudest, une émersion et une érosion
avant d’être recouverte par les marnes infralutétiennes.
Cette discordance montre l’existence d’une déformation
tectonique précoce, qui pourrait être à l’origine du changement paléogéographique (émersion) de la région.
Mise en évidence de fortes déformations
tectoniques après le Lutétien
Les dépôts marécageux infralutétiens (B) suggèrent un
paléopaysage plat et bas. Puis au Lutétien s’installe un lac
vaste mais peu profond où se déposent des calcaires (C). Cet
environnement calme s’achève pendant l’Éocène supérieur,
où le lac est comblé par des épandages continentaux. (D).
Ces niveaux sont marneux et tendres dans le secteur de
notre photo. Mais dans le sud du bassin de Saint Martin
de Londres, c’est un puissant ensemble de niveaux de
conglomérats grossiers à gros éléments de calcaires remaniés
surtout de l’anticlinal faillé du Pic Saint Loup, qui forme
la bordure sud du bassin (cf. Planche 915 et coupe géologique). Ces dépôts catastrophiques proviennent du démantèlement actif de reliefs en cours de formation tectonique
autour du bassin. Dans le secteur plus calme de Biranques,
une tectonique plus modérée bascule, plisse et faille les
calcaires lutétiens.
c) Apport géologique des photographies aériennes
Les photographies aériennes permettent d’étudier des secteurs
de plusieurs kilomètres carrés, avec la précision nécessaire à la
cartographie géologique. Elles permettent de reconnaître les
ensembles lithologiques, le pendage des couches, la présence
de failles et de plis. La photointerprétation est utile pour préparer le travail le terrain, ou pour conforter des observations
incertaines au sol. Audelà de la seule géologie, le succès du
site d’imagerie Google Earth témoigne de l’intérêt du public
pour ce type de vision de la Terre.
6.3 LeS imageS de SateLLiteS
Les images satellitaires utilisées couramment en géologie
couvrent des secteurs de 60 km de côté (images SPOT)
à près de 200 km (images LANDSAT). Elles couvrent la
surface de plusieurs cartes géologiques au 1/50 000. Leur
résolution au sol (5 à 25 m en général) est un peu inférieure
à celle des photos aériennes, et cette précision n’est pas toujours suffisante pour permettre une cartographie géologique
détaillée. En contrepartie, le secteur couvert par une image
satellite est beaucoup plus vaste que celui d’une photo
aérienne et permet mieux d’appréhender des phénomènes
de dimension régionale.
Interprétation géologique d’une image- satellite spot
Une image SPOT couvre un secteur de 60 km de côté. La
figure 6.3 (page 56) est un extrait d’image SPOT des environs de Ganges et de Saint Martin de Londres (Hérault).
Ce secteur contient les extraits de cartes géologiques des
planches 9.14 et 9.15, et permet de comparer ce que montre
l’imagesatellite avec les cartes géologiques.
Contrairement aux photographies aériennes (fig. 6.1 et 2),
les images prises par les satellites ne sont pas des clichés
instantanés. Elles sont constituées de très nombreux points
(pixels) collectés par le balayage de la surface terrestre selon
des lignes estouest. Pendant que le satellite tourne autour
de la Terre dans le plan de son orbite, nordsud, la Terre
tourne sur ellemême autour de son axe de rotation nordsud. Le temps de balayer une ligne de points, et la Terre
a légèrement tourné sur ellemême. Aussi les extrémités
d’une ligne de balayage sont légèrement décalées par rapport à celles de la ligne précédente, et ce décalage se reproduit à chaque nouvelle ligne. Les extrémités des lignes de
balayage s’alignent sur des lignes qui constituent les bords
droit et gauche de l’image satellite. Ceuxci ne sont donc
pas nordsud, mais légèrement obliques sur les méridiens
terrestres. Ainsi une image satellite entière n’est pas un
