Télédétection et cartographie géologique
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© Dunod - La photocopie non autorisée est un délit.
rectangle mais un parallélogramme. Sur l’extrait d’image
de la figure 6.3, qui lui est rectangulaire, cette distorsion
de l’image se manifeste par une légère déviation de l’orientation des structures géologiques. Pour corriger cet effet, la
flèche indiquant le nord géographique sur les figures 6.3 et
6.4 est oblique.
La figure 6.4 est une interprétation structurale de cet extrait
d’image SPOT. Le secteur est traversé obliquement par un
grand faisceau de failles bien visible, de direction NE­SW,
appartenant au système de failles des Cévennes, qui coupe
la région sur 150 km de long de la vallée du Rhône à la
Montagne Noire.
Différents critères permettent de reconnaître les failles sur
les images. Elles sont souvent longues et de direction régulière. Par leur décalage, elles peuvent juxtaposer des formations géologiques différentes, les mettre en contact anormal.
Elles peuvent aussi interrompre et décaler les contours des
couches sédimentaires.
Les couches sédimentaires se caractérisent par leurs contours
d’affleurement souvent sinueux et parallèles entre eux.
Ils représentent l’intersection des couches avec la surface
d’érosion du sol (voir chapitre 3). Leur dessin dépend surtout de deux facteurs. Le premier est de nature structurale,
si les terrains ont été basculés ou plissés par la tectonique.
C’est le cas des plis de direction N 80° situés dans le sud
du bassin de Saint Martin de Londres, au nord de la faille
du Pic Saint Loup (planche 9.15). Au sud de la faille du
Pic Saint Loup, des contours en pelure d’oignon signalent
l’érosion des couches du cœur de l’anticlinal du Pic Saint
Loup. Au centre de la structure, des terrains cultivés clairs
sont installés sur les couches les plus profondes visibles, des
argiles du Lias. L’identification des structures plissées par les
contours des couches est d’autant plus facile sur une image
que la topographie est plane.
Le second facteur qui influence le dessin des contours stratigraphiques est le relief. Des couches horizontales peuvent
présenter des contours complexes si elles sont entaillées par
le réseau hydrographique. C’est le cas dans le nord­ouest
de la figure, où les vallées de la Vis et de ses affluents sont
fortement encaissées dans la série tabulaire des calcaires
jurassique du Causse.
Les nuances de gris de la végétation renseignent indirectement sur la nature du sous­sol : les terrains argileux,
humides et tendres (d’âge Crétacé inférieur à Oligocène
surtout) peuvent êtres cultivés et leurs teintes sont plutôt
claires. Les calcaires secs et rocailleux sont le domaine de la
garrigue et des forêts, plus sombres. C’est le cas du Causse
du Larzac, des massifs de la Séranne, et de l’anticlinal érodé
du Pic Saint Loup, dont seules les couches verticalisées
du flanc nord qui ont résisté à l’érosion arment la crête
(planche 9.15).
La comparaison de cette image aux extraits de cartes géologiques de la même région montre l’intérêt de la télédétection pour préparer un travail de cartographie sur le terrain.
Dans de nombreuses régions du globe difficilement accessibles, la cartographie géologique a été faite en grande partie
par télédétection, et même en totalité pour les planètes
telluriques (rocheuses) de notre système solaire.
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