au cours du siècle dernier, le biologiste Townsend a calculé que, de 1811 à
1844, 105 navires prélevèrent plus de 15 000 Tortues. Ces chiffres ne
représentent bien entendu de loin pas les prélèvements totaux, car ils ne
concernent qu’une fraction des navires armés pour cette chasse. Après
1830, d’après le même auteur, les navires américains ne collectèrent pas
moins de 100 000 Tortues, tandis que Bauer, qui lui aussi s’est penché sur
ce problème, pense que 10 millions de Tortues ont été massacrées aux
Galapagos depuis leur découverte.
Ces hécatombes ont provoqué une diminution massive de ces Reptiles.
Aussi ne faut-il pas s’étonner que les Tortues soient éteintes dans plusieurs
îles, et considérablement raréfiées dans la plupart des autres.
L’ensemble des Reptiles des Galapagos souffrit par ailleurs gravement
de l’introduction d’animaux domestiques. Comme ces îles n’hébergeaient
aucun Mammifère susceptible de constituer une provision de vivres frais,
les corsaires anglais y introduisirent les Chèvres dès le XVII e siècle. Ainsi
que partout dans le monde, les Caprins se multiplièrent très rapidement et
commencèrent leur œuvre de destruction du couvert végétal. Elles entrèrent
bientôt en concurrence avec les Tortues moins bien armées et moins agiles
en vue de cette compétition, d’où une élimination progressive.
Les Espagnols introduisirent ensuite les Chiens pour exterminer les
Chèvres, véritable ressource de guerre de leurs ennemis anglais. Ces
Carnivores préférèrent chasser les jeunes Tortues et les Iguanes, plus faciles
à capturer. Les Bœufs, les Porcs, les Rats et les Souris, introduits à la même
époque, contribuèrent eux aussi à la dégradation du couvert végétal et à
l’élimination des animaux autochtones. Les porcs comptent d’ailleurs parmi
les plus malfaisants de tous, car ils détruisent systématiquement les œufs de
Tortues et d’Iguanes enterrés sous une faible épaisseur de sable. Aussi peuton estimer qu’à l’époque actuelle seul un œuf sur 10 000 donnera naissance
à une Tortue qui atteindra un pied de longueur, taille au-delà de laquelle elle
est à l’abri de ses ennemis, sauf de l’homme pour lequel elle présente dès
lors de l’intérêt !
Les oiseaux ont pâti dans des proportions souvent dramatiques. C’est
en particulier le cas du Cormoran aptère et du Manchot dont les effectifs
sont très réduits et dont la distribution est limitée à une portion de côte peu
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