endémique au bois recherché, est éteint depuis le début du XIX e siècle du
fait d’une surexploitation par l’homme. L’Otarie à fourrure de Philippi
Arctocephalus philippii était autrefois si abondante que Dampier qui visita
les îles en 1683 dit : « Il n’y a pas une baie ou un rocher où l’on peut
aborder qui n’en soit couvert. » La population était estimée de 2 à
3 millions d’individus. Il en restait de 500 000 à 700 000 en 1798, environ
400 en 1891. L’espèce n’est plus représentée que par une population
d’environ 700 individus, en faible accroissement cependant ; une espèce
apparentée, A. townsendi, se maintient en petit nombre à l’île Guadalupe, au
large de la Basse-Californie. L’homme a ainsi exterminé pour sa fourrure
une espèce prospère, alors qu’un aménagement rationnel lui aurait permis
d’exploiter le troupeau d’Otaries comme celui des îles Pribiloff.
La destruction de la nature avait pris des proportions bien plus
regrettables encore aux îles Galapagos. On sait que cet archipel constitue un
véritable laboratoire naturel où la faune et la flore ont évolué d’une manière
si particulière que les phénomènes d’évolution y sont devenus visibles.
Charles Darwin y a conçu une partie de ses géniales théories de l’évolution
lors de la visite faite avec le Beagle en 1835.
Ces îles sont constituées par les sommets d’un vaste appareil
volcanique surgi du fond des mers, à quelque 1 000 km de la côte sudaméricaine, en plein Pacifique et juste sous l’équateur. Elles sont purement
« océaniques », car elles n’ont jamais été rattachées d’une manière
quelconque au continent au cours de leur histoire. Leur peuplement animal
s’est donc fait d’une manière assez fortuite, les êtres vivants y arrivant au
vol, à la nage ou emportés à bord de gigantesques radeaux de végétaux
semblables à ceux que charrient encore de nos jours vers la mer les grands
fleuves tropicaux.
Les Galapagos vivent encore à l’âge du Reptile, les Mammifères
n’ayant pas pu y pénétrer (à l’exception de quelques Rongeurs, de deux
Otaries et d’une Chauve-souris). Elles sont avant tout le domaine des
gigantesques Tortues terrestres dont la carapace atteint 1,5 m à elle seule, si
caractéristiques de ces îles qu’elles leur ont donné leur nom espagnol.
L’archipel abrite également des Iguanes de grande taille, notamment les
Iguanes marins Amblyrhynchus cristatus, les seuls Sauriens actuels
entièrement inféodés à la mer.
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