bezoarticus, victimes d’épizooties transmises par le bétail et d’une chasse
trop intense. La fourrure a causé la perte des Chinchillas Chinchilla laniger
(fig. 11). Ces Rongeurs à allure de petits lapins étaient propres aux hautes
Andes du Pérou, de Bolivie et du Chili, et ne descendaient jamais en
dessous de 3 000 m dans la partie nord de leur habitat. La collecte de leur
fourrure grise, d’une texture délicate, sans rivale parmi tous les
mammifères, a été le mobile d’une chasse intensive pendant tout le siècle
dernier. Alors que les voyageurs d’autrefois parlent de milliers d’individus
aperçus chaque jour sur les hauts plateaux, ces Rongeurs ont été
pratiquement exterminés dans toute leur aire de distribution, même dans les
districts du nord de l’Argentine où ils étaient encore relativement abondants
au début de ce siècle. Au Chili, le grand centre du commerce se trouvait à
Coquimbo et rien qu’en 1905 18 153 douzaines de peaux y furent
négociées. Ce chiffre se réduisit de moitié en 1907, et à nouveau de moitié
en 1908. En 1909, il ne s’en vendit que 2 328 douzaines. Il ne s’en vend
plus à l’heure actuelle. Le Chinchilla s’élève en captivité, dans des fermes
spécialisées qui ont ainsi permis de sauver l’espèce, pratiquement
exterminée à l’état sauvage, sauf dans le nord du Chili.
Les Ongulés si hautement spécialisés qui peuplent les hautes Andes,
Vigognes Lama vicugna et Guanacos Lama huanacus, ont vu leurs effectifs
diminuer dans des proportions massives. Pas moins de 400 000 Vigognes
ont été tuées au cours des derniers 20 ans, ce qui fait que les populations
globales ne dépassent pas 18 000 individus. Il en subsiste encore des
troupeaux de quelque importance au Pérou et en Bolivie. Mais en dépit des
lois qui les protègent, Vigognes et Guanacos sont encore chassés pour leur
laine ; ils pâtissent également de la concurrence du bétail introduit sur les
hauts plateaux, particulièrement les moutons. Leur domaine vital est
maintenant cloisonné par les clôtures délimitant les pâturages.
Si le continent sud-américain offre encore dans son ensemble des
territoires suffisamment vastes pour la préservation des habitats naturels, il
n’en est pas de même des territoires insulaires qui s’y rattachent. Les îles
Juan Fernandez ont été dévastées par l’homme et les chèvres introduites.
Les magnifiques forêts qui en couvraient de larges secteurs ont
considérablement régressé et ne se maintiennent que dans les lieux les plus
retirés. Le « bois de Santal », Santalum fernandezianum, une essence
trop intense. La fourrure a causé la perte des Chinchillas Chinchilla laniger
(fig. 11). Ces Rongeurs à allure de petits lapins étaient propres aux hautes
Andes du Pérou, de Bolivie et du Chili, et ne descendaient jamais en
dessous de 3 000 m dans la partie nord de leur habitat. La collecte de leur
fourrure grise, d’une texture délicate, sans rivale parmi tous les
mammifères, a été le mobile d’une chasse intensive pendant tout le siècle
dernier. Alors que les voyageurs d’autrefois parlent de milliers d’individus
aperçus chaque jour sur les hauts plateaux, ces Rongeurs ont été
pratiquement exterminés dans toute leur aire de distribution, même dans les
districts du nord de l’Argentine où ils étaient encore relativement abondants
au début de ce siècle. Au Chili, le grand centre du commerce se trouvait à
Coquimbo et rien qu’en 1905 18 153 douzaines de peaux y furent
négociées. Ce chiffre se réduisit de moitié en 1907, et à nouveau de moitié
en 1908. En 1909, il ne s’en vendit que 2 328 douzaines. Il ne s’en vend
plus à l’heure actuelle. Le Chinchilla s’élève en captivité, dans des fermes
spécialisées qui ont ainsi permis de sauver l’espèce, pratiquement
exterminée à l’état sauvage, sauf dans le nord du Chili.
Les Ongulés si hautement spécialisés qui peuplent les hautes Andes,
Vigognes Lama vicugna et Guanacos Lama huanacus, ont vu leurs effectifs
diminuer dans des proportions massives. Pas moins de 400 000 Vigognes
ont été tuées au cours des derniers 20 ans, ce qui fait que les populations
globales ne dépassent pas 18 000 individus. Il en subsiste encore des
troupeaux de quelque importance au Pérou et en Bolivie. Mais en dépit des
lois qui les protègent, Vigognes et Guanacos sont encore chassés pour leur
laine ; ils pâtissent également de la concurrence du bétail introduit sur les
hauts plateaux, particulièrement les moutons. Leur domaine vital est
maintenant cloisonné par les clôtures délimitant les pâturages.
Si le continent sud-américain offre encore dans son ensemble des
territoires suffisamment vastes pour la préservation des habitats naturels, il
n’en est pas de même des territoires insulaires qui s’y rattachent. Les îles
Juan Fernandez ont été dévastées par l’homme et les chèvres introduites.
Les magnifiques forêts qui en couvraient de larges secteurs ont
considérablement régressé et ne se maintiennent que dans les lieux les plus
retirés. Le « bois de Santal », Santalum fernandezianum, une essence
