un état précaire et leurs effectifs sont très faibles, alors que leur habitat
continue à être détruit d’une manière alarmante.
Parmi les Rongeurs, les Agoutis des Antilles Dasyprocta albida, dont
les voyageurs du XVII e siècle et notamment le père Du Tertre parlent en
termes éloquents, vantant notamment la finesse de leur chair et la manière
de les chasser à l’aide de chiens, ont disparu d’une bonne partie de leur
habitat. Ces Rongeurs de grande taille, qui ressemblent à première vue à de
petites antilopes (Céphalophes), ont été les victimes directes de la chasse
qui leur a été faite.
Il en est de même de divers Rongeurs au pelage plus ou moins
épineux, dont plusieurs espèces se répartissaient sur une partie des Grandes
et Petites Antilles. Ces Rongeurs, groupés dans la famille des Echimyidés,
apparentés d’assez loin aux Porcs-épics, portaient le nom général de Hutias
et comprenaient plusieurs genres bien définis (Boromys, Capromys,
Plagiodontia, etc.). La plupart ont disparu à l’heure actuelle. Certains
d’entre eux ne sont même connus que par des restes osseux découverts dans
quelques grottes de Cuba ou d’Hispaniola, ce qui semble indiquer qu’ils
servaient très anciennement de nourriture aux aborigènes. Quelques espèces
sont encore représentées par de petites populations, notamment à la
Jamaïque, dans l’est de Cuba et à Haïti.
Les oiseaux antillais ont eux aussi subi de graves dommages, pour
certains irréparables. La disparition la plus spectaculaire est sans contredit
celle de l’Ara de Cuba Ara tricolor, observé pour la dernière fois vers 1885
dans les régions marécageuses du sud de l’île, et à considérer comme éteint
à l’heure actuelle. Cet Ara de taille relativement faible, au plumage en
majeure partie rouge et jaune, est le seul Perroquet de ce groupe connu avec
certitude dans cette région où d’autres espèces ont vraisemblablement existé
(fig. 10). Les témoignages historiques sont malheureusement assez confus
et sujets à caution. Il est d’ailleurs fort possible que certains des Aras dont
parlent les premiers voyageurs, et en particulier Ferdinand Colomb, aient
été importés par les Caraïbes qui les tenaient volontiers en captivité. Tous
ont disparu à l’heure actuelle. Plusieurs Perroquets appartenant à d’autres
groupes systématiques sur lesquels on ne possède que peu de documents ont
eux aussi été exterminés, notamment l’Aratinga de la Guadeloupe, et
plusieurs Amazones, dont la disparition est d’autant plus regrettable qu’ils
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