croissance continue. Même l’Ouest, demeuré plus sauvage du fait de son
relief montagneux et de son climat plus aride, a subi de graves
déprédations. Vers la fin du XIX e siècle, le continent tout entier se trouvait
dans un état de délabrement total quant à ses richesses naturelles
renouvelables. L’équilibre naturel était partout compromis ; on était très
près de l’extinction totale de la plupart des représentants de la grande faune,
de la dégradation irrémédiable d’un grand nombre d’habitats, et par
conséquent de la disparition des multiples espèces constitutives de la flore
et de la microfaune.
L’Amérique du Nord offre sans aucun doute un des exemples les plus
tragiques de la destruction d’un complexe naturel tout entier sous
l’influence brutale de l’homme dit « civilisé ». Le 11 mars 1967, le
secrétaire à l’Intérieur Stewart L. Udall a rendu public une liste de 78
espèces nord-américaines (14 Mammifères, 36 Oiseaux, 6 Reptiles et
Batraciens et 22 Poissons) menacées d’extinction aux États-Unis ; ces
animaux sont les premiers à bénéficier du « Endangered Species
Preservation Act » de 1966. Cette liste témoigne à elle seule des menaces
qui pèsent sur la faune de l’Amérique du Nord.
3. Antilles
Il est peu de régions au monde qui aient autant souffert que les Antilles
des conséquences de la colonisation par les Blancs, ce qui s’explique par de
multiples raisons. Tout d’abord il faut tenir compte des dimensions réduites
de beaucoup de ces îles, les Grandes Antilles mises à part. Les espèces
animales et végétales ne sont donc représentées que par des populations
relativement faibles, et se trouvent de ce fait même en équilibre instable,
aucune compensation ne pouvant intervenir comme dans le cas de
populations importantes.
Par ailleurs, comme dans beaucoup d’îles, l’insularisation a déterminé
la différenciation d’animaux hautement évolués, étroitement spécialisés et
inféodés à des genres de vie très particuliers, donc sensibilisés à la moindre
rupture d’équilibre dans leur milieu naturel.
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