époque que commencent les grands massacres, qui ne firent que s’aggraver,
surtout après la révolution américaine, et à mesure que des colons
pénétraient vers l’Ouest. Si la transformation des habitats est en partie
responsable de la régression du Bison, le massacre organisé en est la
véritable cause.
On peut dans l’ensemble distinguer deux phases dans cette destruction.
La première dura environ de 1730 à 1840 ; relativement limitée, elle était
dans une certaine mesure justifiée par la transformation progressive des
terres vierges en cultures et la demande en cuir et en dépouilles. Il est
évident que l’existence d’immenses troupeaux d’animaux de cette taille, en
perpétuel déplacement, est a priori incompatible avec la mise en culture de
leur domaine, exemple qui se répétera dans d’autres parties du monde, et
notamment en Afrique. Il ne s’agissait cependant encore que d’une
limitation de leur nombre et d’une exploitation effective de leurs troupeaux.
La deuxième phase, débutant aux environs de 1830, fut beaucoup plus
meurtrière, car elle avait pour but une éradication totale du Bison. Dans le
nord de l’habitat, ces Bovins furent exterminés pour affamer les Sioux et les
autres tribus indiennes contre lesquelles les Blancs menaient une lutte sans
merci. Mais leur destruction fut aussi souvent organisée comme une partie
de plaisir ; ainsi en témoignent les prospectus des compagnies de chemin de
fer qui promettaient aux voyageurs de pouvoir tirer les Bisons par les
fenêtres des wagons, sans quitter leur banquette ! Dans beaucoup de cas,
seule la langue, mets hautement apprécié, était prélevée, et le reste du
cadavre abandonné sur les lieux de l’abattage. À cette époque, de véritables
armées avec leurs officiers et leurs aumôniers furent mobilisées en vue
d’une destruction systématique des Bisons
24
. Pendant la saison de chasse
1872-1873, pas moins de 200 000 furent tués dans le seul État du Kansas.
On peut estimer à 2,5 millions le nombre de ceux qui furent abattus
annuellement entre 1870 et 1875. Leurs os étaient récupérés au bout d’un
certain temps pour en faire des amendements ou du noir animal. Des
entreprises spécialisées se chargeaient de les collecter et de les rassembler
au voisinage des voies ferrées. Les archives de certaines d’entre elles
permettent de juger de l’importance des massacres opérés, car les piles
d’ossements sur le point d’être transférées sur les wagons comptaient
jusqu’à 20 000 squelettes. Le fameux chemin de fer de Santa Fé transporta
10 793 350 livres d’os de Bisons de 1872 à 1874. Il n’y a donc rien
surtout après la révolution américaine, et à mesure que des colons
pénétraient vers l’Ouest. Si la transformation des habitats est en partie
responsable de la régression du Bison, le massacre organisé en est la
véritable cause.
On peut dans l’ensemble distinguer deux phases dans cette destruction.
La première dura environ de 1730 à 1840 ; relativement limitée, elle était
dans une certaine mesure justifiée par la transformation progressive des
terres vierges en cultures et la demande en cuir et en dépouilles. Il est
évident que l’existence d’immenses troupeaux d’animaux de cette taille, en
perpétuel déplacement, est a priori incompatible avec la mise en culture de
leur domaine, exemple qui se répétera dans d’autres parties du monde, et
notamment en Afrique. Il ne s’agissait cependant encore que d’une
limitation de leur nombre et d’une exploitation effective de leurs troupeaux.
La deuxième phase, débutant aux environs de 1830, fut beaucoup plus
meurtrière, car elle avait pour but une éradication totale du Bison. Dans le
nord de l’habitat, ces Bovins furent exterminés pour affamer les Sioux et les
autres tribus indiennes contre lesquelles les Blancs menaient une lutte sans
merci. Mais leur destruction fut aussi souvent organisée comme une partie
de plaisir ; ainsi en témoignent les prospectus des compagnies de chemin de
fer qui promettaient aux voyageurs de pouvoir tirer les Bisons par les
fenêtres des wagons, sans quitter leur banquette ! Dans beaucoup de cas,
seule la langue, mets hautement apprécié, était prélevée, et le reste du
cadavre abandonné sur les lieux de l’abattage. À cette époque, de véritables
armées avec leurs officiers et leurs aumôniers furent mobilisées en vue
d’une destruction systématique des Bisons
24
. Pendant la saison de chasse
1872-1873, pas moins de 200 000 furent tués dans le seul État du Kansas.
On peut estimer à 2,5 millions le nombre de ceux qui furent abattus
annuellement entre 1870 et 1875. Leurs os étaient récupérés au bout d’un
certain temps pour en faire des amendements ou du noir animal. Des
entreprises spécialisées se chargeaient de les collecter et de les rassembler
au voisinage des voies ferrées. Les archives de certaines d’entre elles
permettent de juger de l’importance des massacres opérés, car les piles
d’ossements sur le point d’être transférées sur les wagons comptaient
jusqu’à 20 000 squelettes. Le fameux chemin de fer de Santa Fé transporta
10 793 350 livres d’os de Bisons de 1872 à 1874. Il n’y a donc rien
