sont si rares que les collectionneurs les payent trente fois le poids en or de
leur coquille.
La liste des oiseaux nord-américains gravement menacés n’est
malheureusement pas close. Il nous faudrait en ajouter plusieurs,
notamment le Condor de Californie Gymnogyps californianus apparenté,
sinon identique, à une espèce fossile assez largement répandue en Amérique
du Nord. Sa distribution est maintenant limitée à quelques districts de
Californie méridionale où ses effectifs étaient estimés à 60 en 1953
(Koford), et à 40, soit une diminution de 30 %, en 1965. Ils étaient de
nouveau de 50-60 en 1972, avec toutefois un taux de reproduction très
faible, inférieur à deux jeunes par an. L’homme est entièrement responsable
de cette raréfaction avancée, due notamment au massacre illégal, à la
transformation de l’habitat, et à l’empoisonnement secondaire par appâts
destinés aux coyotes et aux rongeurs (Miller, Mc Millan et Mc Millan, Res.
Rep., n o 6, Nat. Audubon Society, 1965).
Parmi les mammifères, l’exemple le plus spectaculaire de destruction
est certainement celui qu’offre le Bison d’Amérique Bison bison, dont
l’extermination presque totale constitue un des plus lamentables chapitres
de la conquête du monde par l’homme. Le domaine de ce grand Bovidé
s’étendait largement sur les grandes plaines américaines, depuis le lac Erié
jusqu’en Louisiane et au Texas, sans dépasser les monts Alleghanys vers
l’est. À l’intérieur de ce vaste domaine, les Bisons se livraient annuellement
à des migrations saisonnières conditionnées par les nécessités alimentaires.
Comme ces déplacements s’effectuaient le long de voies fixes, il se formait
de véritables routes par lesquelles s’écoulaient les troupeaux en migration.
On estime qu’à l’origine la population totale était de quelque 40 millions
d’individus pour les plaines, de 30 millions pour les prairies, et d’environ
5 millions pour les populations vivant en région boisée, soit 75 millions
d’individus en tout, chiffre à première vue incroyable si l’on tient compte
de la taille de ces Bovidés atteignant un poids de 2 500 livres pour les vieux
mâles. Ces grands troupeaux n’avaient pas d’ennemis naturels, à part les
Coyotes qui s’emparaient à l’occasion des jeunes. Ils vivaient en parfait
équilibre avec leur milieu naturel.
Les premiers voyageurs furent profondément impressionnés par ces
troupeaux dont ils firent des descriptions enthousiastes. C’est hélas dès leur
Précédent

- 77/621

Suivant