d’autant plus difficiles à protéger que l’on ne connaît ni leurs territoires de
reproduction ni leurs quartiers d’hiver.
Il en est de même de la Grue blanche américaine Grus americana dont
les territoires de reproduction s’étendaient sur une zone très vaste dans le
nord-ouest du Canada, depuis la rivière des Esclaves jusqu’aux États-Unis,
notamment dans l’Iowa et l’Illinois. Tous les ans, après des migrations de
grande envergure, elle atteignait les bords du golfe du Mexique, dont les
lagunes côtières satisfont particulièrement bien ses exigences écologiques
(fig. 5). L’étendue même de ces migrations rend la protection de la Grue
blanche très difficile, voire impossible, et certains biologistes américains
pensent que seul un miracle peut la sauver d’une destruction totale. Le tir
par les chasseurs est responsable de cette extinction progressive, car il ne
semble pas que les biotopes de nidification aient été profondément
modifiés, pas plus que ceux qui constituent sa zone d’hivernage.
Actuellement, des dénombrements annuels sont entrepris en hiver dans le
refuge d’Aransas, au Texas. En 1941, on n’a recensé que 15 individus. En
septembre 1974, les effectifs se chiffraient en tout à 66 individus, parmi
lesquels 17 en captivité. Depuis plusieurs années, on observe un lent
accroissement de la population de cette Grue qui reste néanmoins très
menacée. Chaque année, des œufs sont collectés sur les lieux de
reproduction, puis couvés artificiellement en vue d’augmenter les chances
de survie de l’espèce par son maintien en captivité. Les réussites de cet
élevage sont dans l’ensemble bonnes. Une active propagande est diffusée à
la radio et à la télévision au moment des passages ; mais elle n’empêche
pas, çà et là, le coup de fusil d’un chasseur non averti.
Même les oiseaux littoraux pâtirent gravement en Amérique du Nord.
C’est en particulier le cas du célèbre Grand Pingouin Alca impennis, le
géant de tous les Alcidés, atteignant 75 cm de hauteur et dépourvu de toute
faculté de voler par suite d’une réduction des ailes devenues vestigiales
(fig. 6). Cet oiseau n’était d’ailleurs pas propre à l’Amérique du Nord, car il
habitait les côtes rocheuses de tout l’Atlantique nord, depuis Terre-Neuve et
le Groenland jusqu’en Écosse et en Scandinavie, et même
occasionnellement plus au sud, jusqu’en France et en Espagne. Des restes
reproduction ni leurs quartiers d’hiver.
Il en est de même de la Grue blanche américaine Grus americana dont
les territoires de reproduction s’étendaient sur une zone très vaste dans le
nord-ouest du Canada, depuis la rivière des Esclaves jusqu’aux États-Unis,
notamment dans l’Iowa et l’Illinois. Tous les ans, après des migrations de
grande envergure, elle atteignait les bords du golfe du Mexique, dont les
lagunes côtières satisfont particulièrement bien ses exigences écologiques
(fig. 5). L’étendue même de ces migrations rend la protection de la Grue
blanche très difficile, voire impossible, et certains biologistes américains
pensent que seul un miracle peut la sauver d’une destruction totale. Le tir
par les chasseurs est responsable de cette extinction progressive, car il ne
semble pas que les biotopes de nidification aient été profondément
modifiés, pas plus que ceux qui constituent sa zone d’hivernage.
Actuellement, des dénombrements annuels sont entrepris en hiver dans le
refuge d’Aransas, au Texas. En 1941, on n’a recensé que 15 individus. En
septembre 1974, les effectifs se chiffraient en tout à 66 individus, parmi
lesquels 17 en captivité. Depuis plusieurs années, on observe un lent
accroissement de la population de cette Grue qui reste néanmoins très
menacée. Chaque année, des œufs sont collectés sur les lieux de
reproduction, puis couvés artificiellement en vue d’augmenter les chances
de survie de l’espèce par son maintien en captivité. Les réussites de cet
élevage sont dans l’ensemble bonnes. Une active propagande est diffusée à
la radio et à la télévision au moment des passages ; mais elle n’empêche
pas, çà et là, le coup de fusil d’un chasseur non averti.
Même les oiseaux littoraux pâtirent gravement en Amérique du Nord.
C’est en particulier le cas du célèbre Grand Pingouin Alca impennis, le
géant de tous les Alcidés, atteignant 75 cm de hauteur et dépourvu de toute
faculté de voler par suite d’une réduction des ailes devenues vestigiales
(fig. 6). Cet oiseau n’était d’ailleurs pas propre à l’Amérique du Nord, car il
habitait les côtes rocheuses de tout l’Atlantique nord, depuis Terre-Neuve et
le Groenland jusqu’en Écosse et en Scandinavie, et même
occasionnellement plus au sud, jusqu’en France et en Espagne. Des restes
