incriminer autant que la transformation profonde de l’habitat : la disparition
du Pigeon migrateur fut entre autres l’inévitable corollaire de la
déforestation de l’est de l’Amérique du Nord.
Fig. 3. Perruches de la Caroline Conuropsis carolinensis.
L’homme est également responsable de la destruction totale de la
Perruche de la Caroline Conuropsis carolinensis, à la longue queue pointue,
au plumage vert contrasté d’un capuchon orange, qui peuplait le sud-est des
États-Unis, depuis le sud de la Virginie et le Nebraska jusqu’au golfe du
Mexique (fig. 3). Ces petits Perroquets habitaient les districts boisés où ils
nichaient dans des cavités d’arbres. Le déclin de leurs populations fut
rapide, et comme dans le cas du Pigeon migrateur, le dernier individu vivant
connu mourut en 1914 au Jardin zoologique de Cincinnati. Diverses
hypothèses ont été formulées pour expliquer leur disparition. On a
notamment invoqué des épizooties qui auraient décimé ces oiseaux aux
mœurs grégaires, donc particulièrement sensibles à de telles infections.
Aucune de ces explications ne semble vérifiée. L’unique cause de
disparition est sans aucun doute encore l’action directe de l’homme. Les
témoignages historiques montrent en effet la régression progressive de
l’espèce à mesure que la colonisation gagne vers l’ouest et transforme le
paysage végétal. Les Perruches de la Caroline étaient réputées nuisibles aux
cultures, sans que l’on puisse d’ailleurs totalement innocenter ces oiseaux,
volontiers amateurs de grains et de fruits. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce
que l’espèce, pourtant abondante et prolifique, n’ait pas supporté les
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