golfe du Mexique. En s’abattant dans les arbres, ils brisaient les branches
sous leur poids, ce qui témoigne de leur densité. Le Pigeon migrateur jouait
à coup sûr un rôle de premier plan dans les communautés naturelles de l’est
du continent américain et fut incontestablement l’oiseau terrestre aux
effectifs les plus nombreux.
Les Indiens prélevaient depuis longtemps un certain contingent de ces
Pigeons dont ils appréciaient vivement la chair. Mais en dépit de cette
prédation humaine, l’espèce était des plus florissantes quand les Blancs
arrivèrent en Amérique. Bientôt cependant commença son déclin, par suite
de l’action directe de l’homme. Lors des passages, des milliers de chasseurs
attendaient les migrateurs, décimant leurs troupes en tirant au jugé et
abattant à chaque coup de fusil des oiseaux qu’on ne se donnait même pas
la peine de ramasser, le seul plaisir étant de faire un « carton ». Par ailleurs
pendant la saison de nidification, quand les jeunes, gras et encore
incapables de prendre leur essor, se tenaient encore au nid, de véritables
parties de collecte étaient organisées, soigneusement décrites par les
contemporains. On n’hésitait pas à couper les arbres sur lesquels nichaient
ces malheureux Pigeons, afin de s’emparer des jeunes que l’on ne pouvait
atteindre à l’aide de gaules.
Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que le nombre de Pigeons migrateurs
ait diminué rapidement au cours du XIX e siècle. Dès 1870, les grandes
colonies de nidification avaient disparu dans toute l’aire de reproduction de
l’espèce, sauf aux alentours des Grands Lacs. La raréfaction du Pigeon
migrateur était bien entendu tout aussi sensible le long de ses voies de
passage. On en signala de petites troupes d’erratiques jusque vers 1880.
C’est en 1899 que l’on observa avec certitude le dernier spécimen en
liberté. Après cette date d’autres individus furent encore signalés çà et là,
bien que des confusions aient été faites avec d’autres espèces de
Columbidés. En 1909, une récompense de 1 500 $ fut promise à celui qui
donnerait des renseignements précis sur la nidification d’un couple. Cette
prime ne fut jamais remise, les efforts de multiples observateurs s’étant
révélés vains. Le dernier individu mourut en captivité au Jardin zoologique
de Cincinnati, Ohio, le 1 er septembre 1914. Une espèce particulièrement
prospère avait été ainsi éliminée par l’homme, qui en porte l’entière
responsabilité. Les destructions massives de jeunes et d’adultes sont à
sous leur poids, ce qui témoigne de leur densité. Le Pigeon migrateur jouait
à coup sûr un rôle de premier plan dans les communautés naturelles de l’est
du continent américain et fut incontestablement l’oiseau terrestre aux
effectifs les plus nombreux.
Les Indiens prélevaient depuis longtemps un certain contingent de ces
Pigeons dont ils appréciaient vivement la chair. Mais en dépit de cette
prédation humaine, l’espèce était des plus florissantes quand les Blancs
arrivèrent en Amérique. Bientôt cependant commença son déclin, par suite
de l’action directe de l’homme. Lors des passages, des milliers de chasseurs
attendaient les migrateurs, décimant leurs troupes en tirant au jugé et
abattant à chaque coup de fusil des oiseaux qu’on ne se donnait même pas
la peine de ramasser, le seul plaisir étant de faire un « carton ». Par ailleurs
pendant la saison de nidification, quand les jeunes, gras et encore
incapables de prendre leur essor, se tenaient encore au nid, de véritables
parties de collecte étaient organisées, soigneusement décrites par les
contemporains. On n’hésitait pas à couper les arbres sur lesquels nichaient
ces malheureux Pigeons, afin de s’emparer des jeunes que l’on ne pouvait
atteindre à l’aide de gaules.
Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que le nombre de Pigeons migrateurs
ait diminué rapidement au cours du XIX e siècle. Dès 1870, les grandes
colonies de nidification avaient disparu dans toute l’aire de reproduction de
l’espèce, sauf aux alentours des Grands Lacs. La raréfaction du Pigeon
migrateur était bien entendu tout aussi sensible le long de ses voies de
passage. On en signala de petites troupes d’erratiques jusque vers 1880.
C’est en 1899 que l’on observa avec certitude le dernier spécimen en
liberté. Après cette date d’autres individus furent encore signalés çà et là,
bien que des confusions aient été faites avec d’autres espèces de
Columbidés. En 1909, une récompense de 1 500 $ fut promise à celui qui
donnerait des renseignements précis sur la nidification d’un couple. Cette
prime ne fut jamais remise, les efforts de multiples observateurs s’étant
révélés vains. Le dernier individu mourut en captivité au Jardin zoologique
de Cincinnati, Ohio, le 1 er septembre 1914. Une espèce particulièrement
prospère avait été ainsi éliminée par l’homme, qui en porte l’entière
responsabilité. Les destructions massives de jeunes et d’adultes sont à
