Mais cette raréfaction fut également la conséquence d’une volonté
affirmée de destruction, soit que l’homme ait éprouvé un réel plaisir à
massacrer les animaux, soit qu’il ait sciemment voulu les éliminer. Ce désir
de détruire la vie sauvage, de l’éradiquer volontairement, n’a pas
d’équivalent dans l’histoire de l’Europe. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce
que quelques animaux nord-américains aient entièrement disparu à l’heure
actuelle.
Le plus pitoyable exemple de destruction d’une espèce reste celui du
célèbre Pigeon migrateur Ectopistes migratorius (fig. 2). Cet oiseau, auquel
les Canadiens français donnaient le nom de tourte, nichait en troupes
immenses dans les forêts de l’Est américain, du sud du Canada (provinces
de Manitoba, Ontario et Québec) aux États-Unis, dans les États de Virginie
et du Mississippi. Il formait des colonies très importantes dans les forêts de
feuillus, surtout parmi les associations de chênes, de hêtres et d’érables. Les
arbres croulaient parfois sous le poids des nids édifiés côte à côte. D’après
certains observateurs, au moins 136 millions d’individus ont niché dans une
aire de 2 200 km 2 , dans le Wisconsin, jusqu’en 1871. Aux environs de
1810, Wilson (in Greenway, 1958) estima une troupe à
2 230 272 000 individus.
Fig. 2. Pigeon migrateur Ectopistes migratorius.
Les migrations de ce Pigeon étaient assez irrégulières, l’importance du
flot de migrateurs variant d’année en année. Si une fraction de la population
hivernait dans la partie septentrionale de l’habitat de l’espèce, dans la
Pennsylvanie et le Massachusetts, la plupart des individus se rendaient en
troupes immenses pour passer l’hiver plus au sud, dans les États bordant le
affirmée de destruction, soit que l’homme ait éprouvé un réel plaisir à
massacrer les animaux, soit qu’il ait sciemment voulu les éliminer. Ce désir
de détruire la vie sauvage, de l’éradiquer volontairement, n’a pas
d’équivalent dans l’histoire de l’Europe. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce
que quelques animaux nord-américains aient entièrement disparu à l’heure
actuelle.
Le plus pitoyable exemple de destruction d’une espèce reste celui du
célèbre Pigeon migrateur Ectopistes migratorius (fig. 2). Cet oiseau, auquel
les Canadiens français donnaient le nom de tourte, nichait en troupes
immenses dans les forêts de l’Est américain, du sud du Canada (provinces
de Manitoba, Ontario et Québec) aux États-Unis, dans les États de Virginie
et du Mississippi. Il formait des colonies très importantes dans les forêts de
feuillus, surtout parmi les associations de chênes, de hêtres et d’érables. Les
arbres croulaient parfois sous le poids des nids édifiés côte à côte. D’après
certains observateurs, au moins 136 millions d’individus ont niché dans une
aire de 2 200 km 2 , dans le Wisconsin, jusqu’en 1871. Aux environs de
1810, Wilson (in Greenway, 1958) estima une troupe à
2 230 272 000 individus.
Fig. 2. Pigeon migrateur Ectopistes migratorius.
Les migrations de ce Pigeon étaient assez irrégulières, l’importance du
flot de migrateurs variant d’année en année. Si une fraction de la population
hivernait dans la partie septentrionale de l’habitat de l’espèce, dans la
Pennsylvanie et le Massachusetts, la plupart des individus se rendaient en
troupes immenses pour passer l’hiver plus au sud, dans les États bordant le
