primitives se trouvant dans l’Ouest). Le défrichement commença dans le
fond des vallées ; puis au cours du XIX e siècle, même les collines furent
privées de leur couronne de forêts. En 1754, il y avait encore 9,71 ha de
forêts pour chaque habitant dans le Massachusetts ; en 1800, il n’y en avait
plus que 4,45 ; en 1830 plus que 3,24.
La disparition du couvert forestier alla en s’aggravant et toucha sans
cesse de nouveaux districts. Bientôt les cultures avaient essaimé dans tout
l’est des États-Unis, et aux environs de 1830, les meilleurs terrains étaient
dès lors occupés à l’est du Mississippi. Les riches terres des États du Sud,
réservées aux cultures de coton et de tabac qui laissent le sol nu,
commençaient à présenter de graves signes d’érosion.
C’est alors que commença la colonisation des grandes plaines du
centre des États-Unis, jusqu’alors couvertes de savanes herbeuses, la
Prairie, puis de l’ouest du continent, lors d’une vaste migration dont
l’histoire est devenue classique. Les plaines furent vouées à la culture
extensive du blé et du maïs, au détriment des habitats originels, de la flore
et de la faune sauvages, en particulier des grands mammifères et des
oiseaux, pour lesquels elles constituaient des habitats et des voies de
migration très importants.
Au-delà des grandes plaines, les chaînes de montagnes offrent des
biotopes plus diversifiés, allant des luxuriantes forêts humides du
Washington et de l’Oregon, aux déserts les plus arides du Nevada et de la
Californie. Là encore l’homme a exercé une influence considérable, plus
parfois par son action directe que par la modification des milieux naturels.
Comme en Europe, la dévastation de la nature a modifié profondément
les biotopes originels. L’Est perdit son couvert forestier, la Prairie du Centre
du continent fut transformée en zone de culture extensive ; seul l’Ouest
conserva dans ses parties les plus sèches un aspect à peu près originel, en
raison de l’improductivité des terres, bien que les associations
graminéennes aient été converties en parcours d’élevage extensif,
rapidement surpâturés.
La transformation des habitats primitifs entraîna une diminution rapide
des animaux, et en particulier des oiseaux et des mammifères, incapables de
s’adapter progressivement aux changements des biotopes et sans doute
aussi plus exigeants que leurs homologues européens.
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