2. Amérique du Nord
Le continent nord-américain se trouvait dans un état presque primitif
quand les Européens s’y établirent en nombre au début du XVII e siècle.
Une population autochtone très clairsemée y vivait en harmonie avec son
habitat. Les dévastations commencèrent immédiatement et s’accentuèrent
aux siècles suivants en même temps que la population s’accroissait
rapidement et se répandait d’est en ouest.
Une évolution parallèle à celle de l’Europe s’observe en Amérique du
Nord avec cependant des modalités fondamentalement différentes,
consécutives à l’expansion rapide de l’homme civilisé, doté de moyens de
destruction considérables. Ce qui avait pris des siècles en Europe a été
réalisé à bien plus grande échelle en quelque 200 ans dans le Nouveau
Monde. La lente modification des habitats européens au cours du Moyen
Âge a été « télescopée » et remplacée par l’impact brutal d’hommes
énergiques, pourvus de moyens techniques déjà modernes, pour lesquels la
nature sauvage représentait une ennemie à vaincre et auxquels les
ressources naturelles parurent inépuisables, du fait de leur richesse même
(voir, entre autres, Chinard, 1949).
Comme l’a dit Fairfield Osborn (1948), aux États-Unis – « pays de la
grande illusion » – « l’histoire de la nation au cours du siècle antérieur en ce
qui concerne l’utilisation des forêts, des pâturages, de la faune, de la flore et
de l’eau est la plus violente et la plus destructive de toutes celles de la
longue histoire de la civilisation. La rapidité des événements est sans
parallèle. En fait il s’agit de l’histoire de l’énergie humaine irraisonnée et
incontrôlée ».
À l’arrivée des Blancs, tout l’est des États-Unis et du Canada était
couvert d’une forêt dense, s’étendant pratiquement de la côte atlantique à la
vallée du Mississippi, avec une composition bien entendu variable selon la
latitude. La déforestation fut relativement rapide. On estime que des
quelque 170 millions d’hectares boisés à l’époque, il n’en subsiste plus que
7 à 8 millions à l’heure actuelle, et sans doute seule une fraction peut être
considérée comme représentant les associations forestières primitives, en
raison des reboisements ultérieurs et des transformations artificielles (moins
de 7 % des surfaces pour l’ensemble des États-Unis, la plupart de ces forêts
Le continent nord-américain se trouvait dans un état presque primitif
quand les Européens s’y établirent en nombre au début du XVII e siècle.
Une population autochtone très clairsemée y vivait en harmonie avec son
habitat. Les dévastations commencèrent immédiatement et s’accentuèrent
aux siècles suivants en même temps que la population s’accroissait
rapidement et se répandait d’est en ouest.
Une évolution parallèle à celle de l’Europe s’observe en Amérique du
Nord avec cependant des modalités fondamentalement différentes,
consécutives à l’expansion rapide de l’homme civilisé, doté de moyens de
destruction considérables. Ce qui avait pris des siècles en Europe a été
réalisé à bien plus grande échelle en quelque 200 ans dans le Nouveau
Monde. La lente modification des habitats européens au cours du Moyen
Âge a été « télescopée » et remplacée par l’impact brutal d’hommes
énergiques, pourvus de moyens techniques déjà modernes, pour lesquels la
nature sauvage représentait une ennemie à vaincre et auxquels les
ressources naturelles parurent inépuisables, du fait de leur richesse même
(voir, entre autres, Chinard, 1949).
Comme l’a dit Fairfield Osborn (1948), aux États-Unis – « pays de la
grande illusion » – « l’histoire de la nation au cours du siècle antérieur en ce
qui concerne l’utilisation des forêts, des pâturages, de la faune, de la flore et
de l’eau est la plus violente et la plus destructive de toutes celles de la
longue histoire de la civilisation. La rapidité des événements est sans
parallèle. En fait il s’agit de l’histoire de l’énergie humaine irraisonnée et
incontrôlée ».
À l’arrivée des Blancs, tout l’est des États-Unis et du Canada était
couvert d’une forêt dense, s’étendant pratiquement de la côte atlantique à la
vallée du Mississippi, avec une composition bien entendu variable selon la
latitude. La déforestation fut relativement rapide. On estime que des
quelque 170 millions d’hectares boisés à l’époque, il n’en subsiste plus que
7 à 8 millions à l’heure actuelle, et sans doute seule une fraction peut être
considérée comme représentant les associations forestières primitives, en
raison des reboisements ultérieurs et des transformations artificielles (moins
de 7 % des surfaces pour l’ensemble des États-Unis, la plupart de ces forêts
