montagneux demeurés boisés, notamment les Coqs de bruyère, autrefois
répandus en plaine et maintenant propres aux forêts montagneuses.
Les grands Rapaces se sont considérablement raréfiés à travers
l’Europe. Les Aigles (plusieurs espèces du genre Aquila) sont partout
devenus rares, de même que les Vautours, en raison de la chasse et de
changements radicaux dans les méthodes pastorales. Le Gypaète Gypaetus
barbatus a lui aussi disparu d’une large partie de son ancienne aire
d’habitat, notamment des Alpes, et est rare partout ailleurs. Ce grand
Rapace est particulièrement sensible à tout changement dans l’équilibre
naturel, car il se trouve à l’extrémité d’une chaîne alimentaire complexe, se
nourrissant surtout des os des animaux tués par les grands Carnivores, avant
tout les Loups. Il risque donc de disparaître en même temps que ceux-ci.
Les quelques exemples évoqués ci-dessus montrent combien
l’influence humaine a été profonde en Europe. Nulle part ailleurs dans le
monde, sauf aux États-Unis, l’homme n’a modifié si profondément
l’équilibre naturel pour son profit exclusif. Ces transformations sont
d’autant plus graves que l’Europe se range parmi les régions du globe les
plus peuplées. Si la chasse est à incriminer directement dans la disparition
ou la raréfaction accentuée des grands animaux, la transformation des
biotopes et ses répercussions en chaîne ont été bien plus nuisibles.
Beaucoup d’animaux et de plantes ont disparu avec les milieux dont ils
faisaient partie. Les progrès de la civilisation sont à rendre responsables de
cet état de choses, comme le prouve avec éloquence l’étude chronologique
de la disparition des animaux et de l’extension de la civilisation d’ouest en
est et du sud au nord. À part certains biotopes de haute montagne et les
habitats arctiques, il n’existe pas en Europe un seul pouce de terrain sur
lequel l’influence de l’homme ne se soit pas profondément fait sentir.
Paradoxalement l’Europe est la partie du monde où le nombre
d’espèces éteintes est le moins élevé. Cela tient essentiellement au fait que
les changements y ont été très progressifs. Pour parvenir au stade actuel il
n’a pas fallu moins de vingt siècles. Aussi la faune et la flore ont-elles eu le
temps de s’adapter et de trouver des refuges, ce qui n’a pu se produire dans
d’autres parties du monde, en Amérique notamment, en raison du caractère
à proprement parler explosif de l’irruption de l’homme. La vitesse de
transformation des habitats naturels est un facteur très important à
considérer en tout ce qui touche la protection de la nature.
répandus en plaine et maintenant propres aux forêts montagneuses.
Les grands Rapaces se sont considérablement raréfiés à travers
l’Europe. Les Aigles (plusieurs espèces du genre Aquila) sont partout
devenus rares, de même que les Vautours, en raison de la chasse et de
changements radicaux dans les méthodes pastorales. Le Gypaète Gypaetus
barbatus a lui aussi disparu d’une large partie de son ancienne aire
d’habitat, notamment des Alpes, et est rare partout ailleurs. Ce grand
Rapace est particulièrement sensible à tout changement dans l’équilibre
naturel, car il se trouve à l’extrémité d’une chaîne alimentaire complexe, se
nourrissant surtout des os des animaux tués par les grands Carnivores, avant
tout les Loups. Il risque donc de disparaître en même temps que ceux-ci.
Les quelques exemples évoqués ci-dessus montrent combien
l’influence humaine a été profonde en Europe. Nulle part ailleurs dans le
monde, sauf aux États-Unis, l’homme n’a modifié si profondément
l’équilibre naturel pour son profit exclusif. Ces transformations sont
d’autant plus graves que l’Europe se range parmi les régions du globe les
plus peuplées. Si la chasse est à incriminer directement dans la disparition
ou la raréfaction accentuée des grands animaux, la transformation des
biotopes et ses répercussions en chaîne ont été bien plus nuisibles.
Beaucoup d’animaux et de plantes ont disparu avec les milieux dont ils
faisaient partie. Les progrès de la civilisation sont à rendre responsables de
cet état de choses, comme le prouve avec éloquence l’étude chronologique
de la disparition des animaux et de l’extension de la civilisation d’ouest en
est et du sud au nord. À part certains biotopes de haute montagne et les
habitats arctiques, il n’existe pas en Europe un seul pouce de terrain sur
lequel l’influence de l’homme ne se soit pas profondément fait sentir.
Paradoxalement l’Europe est la partie du monde où le nombre
d’espèces éteintes est le moins élevé. Cela tient essentiellement au fait que
les changements y ont été très progressifs. Pour parvenir au stade actuel il
n’a pas fallu moins de vingt siècles. Aussi la faune et la flore ont-elles eu le
temps de s’adapter et de trouver des refuges, ce qui n’a pu se produire dans
d’autres parties du monde, en Amérique notamment, en raison du caractère
à proprement parler explosif de l’irruption de l’homme. La vitesse de
transformation des habitats naturels est un facteur très important à
considérer en tout ce qui touche la protection de la nature.
