Le Bison d’Europe Bison bonasus eut un sort assez semblable. Son
habitat originel s’étendait sur une vaste zone du Caucase à la France et la
Belgique. Comme dans le cas de l’Aurochs, le Bison disparut
progressivement de l’ouest à l’est, parallèlement au défrichement des forêts.
Peu à peu il régressa même dans les pays d’Europe orientale, pour ne
finalement subsister que dans la région de Bialowieza, aux confins de la
Pologne et de la Russie, où ses effectifs diminuaient lentement d’année en
année. Il n’en restait que 375 en 1892, et le troupeau présentait alors
d’incontestables signes de dégénérescence. Les guerres, notamment celle de
1914-1918, malheureusement si meurtrières dans cette région, mirent en
danger les derniers Bisons que seules des mesures très strictes ont permis
finalement de sauver d’une extinction totale. Notons que les Bisons du
Caucase, dont les mammalogistes font une race particulière (Bison
b. caucasicus), avaient complètement disparu à l’état sauvage vers 1925 ;
ils ont été réintroduits dans leur pays d’origine en 1954.
Bien que les autres Ongulés d’Europe aient incontestablement moins
souffert que l’Aurochs et le Bison, leurs effectifs ont cependant diminué
avec une vitesse inquiétante. Ceci est particulièrement vrai du Bouquetin
Capra ibex, Caprin propre aux montagnes d’Europe, de l’Espagne au
Caucase. Par suite de la chasse, certaines de ses populations ont été
entièrement éliminées, notamment quelques formes locales en Espagne et
au Portugal (forme lusitanica, considérée comme éteinte dès 1892). Même
dans les Alpes, le Bouquetin se trouva à la veille d’une extermination totale,
par suite d’une chasse trop intensive. Dès le XVI e siècle il était rare en
Suisse, d’où il disparut entièrement avant d’y être réintroduit en 1911. En
Italie, le Bouquetin se raréfia considérablement, car en 1821 il ne restait que
quelques dizaines d’individus en vie (Couturier, 1962).
Le Chamois Rupicapra rupicapra subit lui aussi une diminution
sensible de ses effectifs par suite de la chasse
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et aussi en conséquence de la
réduction des forêts de montagne qui constituent son abri. L’espèce ne fut
cependant jamais véritablement en danger d’extinction. Le Mouflon Ovis
musimon ne se maintient qu’avec peine en Corse et en Sardaigne, victime
d’un sévère braconnage.
Les grands Carnivores ont en revanche beaucoup souffert, car il leur
est très difficile de se maintenir dans des pays transformés par l’agriculture
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