Ce regard écologique et évolutionniste porté sur la diversité du vivant
légitime le développement d’une éthique environnementale et
évolutionniste seule à même de fonder cette réconciliation de l’Homme
avec la nature que le programme MAB avait amorcée.
Cette nouvelle ère dans l’histoire de la vie sur terre pourrait avoir été
symboliquement ouverte le 18 février 2010, au Muséum national d’histoire
naturelle de Paris, avec le lancement de l’initiative pour une éthique de la
biosphère, dont l’objectif est de faire partager par tous les membres de
l’UICN (80 États, 120 organismes publics, plus d’un millier d’ONG et de
10 000 experts) les fondements éthiques de la conservation de la
biodiversité, pour qu’ils inspirent leurs actions partout dans le monde.
Cette déclaration de l’UICN reprend l’expression « promouvoir la
solidarité écologique entre les hommes et la nature » et j’aimerais m’y
attarder quelque peu, d’autant que ce concept de solidarité écologique a été
introduit dans le droit de l’environnement lors de la réforme de la loi sur les
parcs nationaux français en 2006 – et qu’il est supposé être mis en œuvre.
Un nouveau concept prometteur : la solidarité écologique
Si le concept de solidarité n’a rien de nouveau, puisque sa grande
percée politique remonterait à 1896, avec la parution « retentissante » d’un
petit livre portant ce titre et dû à l’avocat Léon Bourgeois
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, son extension
dans un contexte écologique paraît offrir d’intéressantes opportunités dont
on n’a pas fini de faire le tour – car un tel concept ne demande qu’à sortir
des parcs pour envahir la biosphère tout entière.
Son exploration ne fait d’ailleurs que commencer
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. Tout parc national
obéissant à la loi de 2006 est composé d’un ou plusieurs cœurs, définis
comme les espaces terrestres et maritimes à protéger, ainsi que d’une aire
d’adhésion, définie comme tout ou partie du territoire des communes qui,
ayant vocation à faire partie du parc national en raison notamment de leur
continuité géographique ou de leur solidarité écologique avec le cœur, ont
décidé d’adhérer à la charte du parc national et de concourir volontairement
à cette protection. À noter que l’on retrouve là exprimée la philosophie qui
a présidé à la création des réserves de biosphère, ce qui n’a rien d’étonnant,
puisque celles-ci ont inspiré la loi en question.
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