de nombreux systèmes agricoles développés localement incorporent, suite à
de longues habitudes, des mécanismes écologiques propres à adapter les
cultures à la variabilité de l’environnement naturel et à les protéger des
parasites, prédateurs ou espèces compétitives indésirables. Ces mécanismes
ou procédés impliquent des intrants ou éléments disponibles régionalement
et font appel à des propriétés écologiques ou structurelles tant du champ
cultivé que des friches et de la végétation environnante.
De tels systèmes de production, rarement limités à une culture
« cible » même s’il y a presque toujours une espèce dominante (riz, maïs,
blé, taro, etc., selon les aires géographiques et culturelles), ont été conçus et
sont conduits de manière à maintenir sur la durée la base productive de
l’agriculture, en visant à amortir risques environnementaux et risques
économiques. Ces agroécosystèmes peuvent inclure des infrastructures
telles que terrasses, tranchées, ouvrages d’irrigation, et nécessitent des
connaissances et compétences agronomiques décentralisées, développées
localement. On est donc loin d’une agriculture primitive
70
.
Nouvelle science ou, plutôt, vision renouvelée des mondes agricoles,
l’agroécologie répond aux attentes de la révolution doublement verte, c’està-dire d’agricultures à la fois productives et socialement et écologiquement
soutenables : « Il faut donc, d’une certaine manière, répéter le succès de la
révolution verte en termes d’accroissement de la production, mais d’une
manière acceptable au plan de l’écologie et de l’environnement,
économiquement viable, et de nature à réduire la pauvreté, c’est-à-dire
fondée sur l’équité sociale », écrit Michel Griffon
71
. Il ne s’agit pas de
« retourner aux cavernes » ; simplement, de reconnaître que les agricultures
dites « traditionnelles » sont le fruit d’une longue expérience d’adaptation
de sociétés rurales à leur environnement ; de reconnaître qu’elles disposent
de connaissances auxquelles les acquis les plus récents de la science
permettent de donner, aujourd’hui, plein effet. Si on sait lire entre les lignes,
on comprend bien que c’est d’une révolution qu’il s’agit là. Et ça ne saurait
se faire tout seul !
Entre utilitarisme bêta et idéalisme béat
de longues habitudes, des mécanismes écologiques propres à adapter les
cultures à la variabilité de l’environnement naturel et à les protéger des
parasites, prédateurs ou espèces compétitives indésirables. Ces mécanismes
ou procédés impliquent des intrants ou éléments disponibles régionalement
et font appel à des propriétés écologiques ou structurelles tant du champ
cultivé que des friches et de la végétation environnante.
De tels systèmes de production, rarement limités à une culture
« cible » même s’il y a presque toujours une espèce dominante (riz, maïs,
blé, taro, etc., selon les aires géographiques et culturelles), ont été conçus et
sont conduits de manière à maintenir sur la durée la base productive de
l’agriculture, en visant à amortir risques environnementaux et risques
économiques. Ces agroécosystèmes peuvent inclure des infrastructures
telles que terrasses, tranchées, ouvrages d’irrigation, et nécessitent des
connaissances et compétences agronomiques décentralisées, développées
localement. On est donc loin d’une agriculture primitive
70
.
Nouvelle science ou, plutôt, vision renouvelée des mondes agricoles,
l’agroécologie répond aux attentes de la révolution doublement verte, c’està-dire d’agricultures à la fois productives et socialement et écologiquement
soutenables : « Il faut donc, d’une certaine manière, répéter le succès de la
révolution verte en termes d’accroissement de la production, mais d’une
manière acceptable au plan de l’écologie et de l’environnement,
économiquement viable, et de nature à réduire la pauvreté, c’est-à-dire
fondée sur l’équité sociale », écrit Michel Griffon
71
. Il ne s’agit pas de
« retourner aux cavernes » ; simplement, de reconnaître que les agricultures
dites « traditionnelles » sont le fruit d’une longue expérience d’adaptation
de sociétés rurales à leur environnement ; de reconnaître qu’elles disposent
de connaissances auxquelles les acquis les plus récents de la science
permettent de donner, aujourd’hui, plein effet. Si on sait lire entre les lignes,
on comprend bien que c’est d’une révolution qu’il s’agit là. Et ça ne saurait
se faire tout seul !
Entre utilitarisme bêta et idéalisme béat
