d’espaces : des aires protégées ; des zones cultivées… et toute la matrice
spatiale englobant les uns et les autres, que l’on appelle aujourd’hui
« nature ordinaire », dans un discours de défense de la biodiversité
planétaire tel que nous l’avons évoqué à propos de la biologie de la
conservation.
J’ai le sentiment qu’il souscrirait avec enthousiasme à cette conclusion
de Catherine et Raphaël Larrère
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: « Il ne s’agit donc plus de geler une
nature sauvage, maintenue dans son état primitif, à l’abri des interventions
humaines. Au contraire, il faut préserver la capacité évolutive des processus
écologiques. Cela implique d’harmoniser la préservation des réserves
naturelles avec les zones mises en valeur, dans une gestion variée du
territoire. Cela suppose une gestion complexe d’espaces diversifiés. Dans
une telle conception, l’homme n’est pas extérieur à la nature, il en fait
partie, il est membre actif d’une nature à laquelle il peut faire du bien, s’il
se conduit de manière avisée, s’il en fait bon usage. C’est l’idée même du
développement durable : il ne s’agit pas d’étendre la logique de production
à l’environnement, mais au contraire de comprendre que nos activités
économiques sont incluses, sont insérées dans notre environnement
naturel. » Et que cette réalité écologique de la planète doit s’imposer à nos
politiques économiques – et non l’inverse que nous vivons depuis le
XIX e siècle. N’écrit-il pas, p. 449 : « Il est temps que domine à nouveau
[sur Homo technocraticus et Homo faber] l’Homo sapiens, celui qui sait
que seul un juste équilibre avec la nature tout entière peut lui assurer sa
légitime subsistance, et en définitive le bonheur spirituel et matériel auquel
il aspire. »
Et si l’agriculture renouait avec la nature
On a besoin d’une nouvelle révolution verte, qui respecte la nature et
s’appuie sur sa très, très longue expérience.
Quand Gordon Conway, Michel Griffon ou Jaques Weber
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appellent
de leurs vœux une seconde révolution verte, c’est d’une révolution qui se
démarque de la première – une révolution doublement verte. Les
technologies de la révolution verte ont été développées dans des stations ou
fermes expérimentales qui bénéficiaient de sols fertiles, d’alimentation en
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