racines, nous éloigne de notre parentèle « historique » et nous rend sourds
et aveugles à la réalité profonde du monde vivant, de son évolution, de son
statut de biosphère.
Dans une campagne de mobilisation des citoyens en faveur de la
nature lancée en 2010 à l’occasion de l’année internationale de la
biodiversité, plusieurs associations à vocation écologiste
61
appelaient à
l’action en clamant : « La biodiversité, c’est votre nature ! » Même si ce
slogan est né d’un hasard (comme le fait la diversité dans le vivant !) – à
l’occasion d’un travail de réflexion de type publicitaire où s’affrontaient les
partisans du mot « nature » et ceux du mot « biodiversité » –, il est profond,
à méditer : la diversité est notre essence même, parce qu’il n’y a pas de vie
sans diversité, parce que vivre c’est dépendre d’autres êtres vivants.
Percevoir que la biodiversité c’est notre nature, c’est se sentir profondément
ancré dans le tissu vivant planétaire, enrichi de sa puissance, voué au
changement dans la continuité, ouvert à la réconciliation avec ce qui nous
entoure, à la coopération autant qu’à la compétition. On comprend alors que
pour s’inscrire dans une perspective de développement durable – comme l’a
fait la vie avec 3,8 milliards d’années d’expérience – il faut agir autrement,
avec la nature et non contre elle.
Ménager la Terre
En 1965, Jean Dorst attirait déjà notre attention : « Il faut maintenant
se rendre à l’évidence : la simple mise en réserve de certaines parcelles ne
suffira pas à préserver la nature. Le parc national et le “sanctuaire” ne
constituent plus que des solutions locales et partielles. En raison de l’unité
du monde, toute solution doit s’appliquer à l’ensemble de la planète dont
l’homme doit envisager l’aménagement en fonction de son intérêt bien
conçu » (p. 146).
Eh bien, oui, les sociétés humaines qui aujourd’hui pratiquent ce qu’on
appelle l’« aménagement du territoire » doivent apprendre à y inclure les
besoins de la nature – puisque ce sont aussi les nôtres. Un développement
soutenable, pour une prospérité durable de nos sociétés et de l’ensemble des
et aveugles à la réalité profonde du monde vivant, de son évolution, de son
statut de biosphère.
Dans une campagne de mobilisation des citoyens en faveur de la
nature lancée en 2010 à l’occasion de l’année internationale de la
biodiversité, plusieurs associations à vocation écologiste
61
appelaient à
l’action en clamant : « La biodiversité, c’est votre nature ! » Même si ce
slogan est né d’un hasard (comme le fait la diversité dans le vivant !) – à
l’occasion d’un travail de réflexion de type publicitaire où s’affrontaient les
partisans du mot « nature » et ceux du mot « biodiversité » –, il est profond,
à méditer : la diversité est notre essence même, parce qu’il n’y a pas de vie
sans diversité, parce que vivre c’est dépendre d’autres êtres vivants.
Percevoir que la biodiversité c’est notre nature, c’est se sentir profondément
ancré dans le tissu vivant planétaire, enrichi de sa puissance, voué au
changement dans la continuité, ouvert à la réconciliation avec ce qui nous
entoure, à la coopération autant qu’à la compétition. On comprend alors que
pour s’inscrire dans une perspective de développement durable – comme l’a
fait la vie avec 3,8 milliards d’années d’expérience – il faut agir autrement,
avec la nature et non contre elle.
Ménager la Terre
En 1965, Jean Dorst attirait déjà notre attention : « Il faut maintenant
se rendre à l’évidence : la simple mise en réserve de certaines parcelles ne
suffira pas à préserver la nature. Le parc national et le “sanctuaire” ne
constituent plus que des solutions locales et partielles. En raison de l’unité
du monde, toute solution doit s’appliquer à l’ensemble de la planète dont
l’homme doit envisager l’aménagement en fonction de son intérêt bien
conçu » (p. 146).
Eh bien, oui, les sociétés humaines qui aujourd’hui pratiquent ce qu’on
appelle l’« aménagement du territoire » doivent apprendre à y inclure les
besoins de la nature – puisque ce sont aussi les nôtres. Un développement
soutenable, pour une prospérité durable de nos sociétés et de l’ensemble des
