Ces réserves de biosphère – des « territoires pour l’homme et la
nature
56
» – et le réseau mondial qu’elles tissent ne constituent-ils pas un
dispositif exceptionnel pour renouveler nos relations à la biodiversité, pour
en saisir la complexité et la profondeur, et pour en promouvoir la
soutenabilité : faire que ça dure parce que cela sera socialement accepté.
Ce faisant, conformément à l’essence même du concept de biodiversité
qui a été substitué à celui de nature, les frontières s’ouvrent : entre groupes
sociaux ou professionnels, utilisateurs directs et indirects des ressources
naturelles – biens ou services ; entre disciplines scientifiques, qu’elles
s’inscrivent dans le champ des sciences de la nature ou dans celui des
sciences de l’homme et de la société ; entre humains et non-humains
57
.
Cette grande ouverture, elle est aujourd’hui largement perceptible dans
toutes les composantes de nos sociétés : monde de la recherche ; monde
associatif – des associations locales ou régionales aux grandes ONG
environnementalistes ; monde des entreprises ; monde des gestionnaires de
milieux, d’espèces ou de ressources génétiques ; monde politique.
Ouverture à des degrés divers, certes, mais néanmoins réelle partout –
et c’est bien un accomplissement majeur qui tranche avec la situation des
années 1960 que connaissait Jean Dorst. En France, par exemple, la
dynamique créée depuis 2002 par l’Institut français de la biodiversité, puis
par la Fondation de recherche pour la biodiversité (FRB) qui en a élargi le
champ et les moyens – groupement d’intérêt public qui s’appuie sur
l’ensemble des organismes de recherche intéressés par la biodiversité et qui
y associe le monde associatif et celui de l’entreprise – en apporte des
preuves tous les jours
58
.
Faut-il rappeler que ce dispositif est le produit d’une initiative du
CNRS et du ministère en charge de l’écologie lancée en 1991 sous la forme
d’un programme interdisciplinaire intitulé : Programme national dynamique
de la biodiversité et environnement ?
Vers un groupe intergouvernemental d’experts sur la biodiversité
et les services écosystémiques
Entre Rio 1992 et Rio 2012, sous l’impulsion du Secrétariat de la
convention sur la diversité biologique, et dans le sillage de toute la
Précédent

- 591/621

Suivant