Prenons le cas des oiseaux, chers à Jean Dorst. Leur visibilité, leur
diversité écologique, leur gamme de tailles plutôt large entre le petit
Roitelet et l’imposant Aigle royal, la bonne connaissance que l’on en a (voir
tableaux I et II), l’abondance des spécialistes et la vitalité des réseaux
d’amateurs compétents – sans oublier leur popularité et donc la relative
puissance des associations de défense correspondantes, telle la LPO (Ligue
pour la protection des oiseaux) dans notre pays – en font d’excellents
candidats pour jouer le rôle d’indicateurs de la biodiversité dans son
ensemble et de la bonne santé des écosystèmes où ils vivent.
À titre d’exemple j’évoquerai, Jean Dorst oblige, le programme de
suivi temporel des oiseaux communs (STOC) développé et coordonné en
France par le centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux
(CRBPO) du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.
Mis en place en 1989, ce programme, qui bénéficie du soutien du
ministère en charge de l’écologie et de la LPO, comporte deux volets
complémentaires : un volet « écoutes » (les espèces d’oiseaux sont
identifiées à partir de leur chant), basé sur la mobilisation d’un réseau
national d’ornithologues bénévoles qui couvre l’ensemble du territoire ; un
volet « captures », basé sur les prises et baguages réalisés chaque printemps
dans 75 stations couvrant les différents types de milieux de France
métropolitaine.
Le réseau « écoutes » permet aujourd’hui d’effectuer le suivi à long
terme de l’abondance de plus de 120 espèces sur l’ensemble du territoire,
tandis que le réseau « captures » apporte des informations sur les
mécanismes démographiques qui sous-tendent les variations observées pour
une trentaine d’espèces. Ces indicateurs montrent une diminution
progressive des effectifs d’oiseaux (nombre d’individus et non pas nombre
d’espèces – qui ne changent pas) de 12 % entre 1989 et aujourd’hui. Celleci touche particulièrement les espèces inféodées aux espaces agricoles
(perte de 25 à 30 % des effectifs) et, d’une manière plus générale, les
espèces les plus spécialisées (vis-à-vis de leur habitat ou de leurs besoins
alimentaires) et les plus septentrionales – ce que confirment des suivis
similaires effectués en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.
En conclusion, ce type de suivi traduit bien le fait que la biodiversité
en Europe de l’Ouest est sous la double influence du réchauffement
climatique et des changements d’usage des terres. Avec une tendance
diversité écologique, leur gamme de tailles plutôt large entre le petit
Roitelet et l’imposant Aigle royal, la bonne connaissance que l’on en a (voir
tableaux I et II), l’abondance des spécialistes et la vitalité des réseaux
d’amateurs compétents – sans oublier leur popularité et donc la relative
puissance des associations de défense correspondantes, telle la LPO (Ligue
pour la protection des oiseaux) dans notre pays – en font d’excellents
candidats pour jouer le rôle d’indicateurs de la biodiversité dans son
ensemble et de la bonne santé des écosystèmes où ils vivent.
À titre d’exemple j’évoquerai, Jean Dorst oblige, le programme de
suivi temporel des oiseaux communs (STOC) développé et coordonné en
France par le centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux
(CRBPO) du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.
Mis en place en 1989, ce programme, qui bénéficie du soutien du
ministère en charge de l’écologie et de la LPO, comporte deux volets
complémentaires : un volet « écoutes » (les espèces d’oiseaux sont
identifiées à partir de leur chant), basé sur la mobilisation d’un réseau
national d’ornithologues bénévoles qui couvre l’ensemble du territoire ; un
volet « captures », basé sur les prises et baguages réalisés chaque printemps
dans 75 stations couvrant les différents types de milieux de France
métropolitaine.
Le réseau « écoutes » permet aujourd’hui d’effectuer le suivi à long
terme de l’abondance de plus de 120 espèces sur l’ensemble du territoire,
tandis que le réseau « captures » apporte des informations sur les
mécanismes démographiques qui sous-tendent les variations observées pour
une trentaine d’espèces. Ces indicateurs montrent une diminution
progressive des effectifs d’oiseaux (nombre d’individus et non pas nombre
d’espèces – qui ne changent pas) de 12 % entre 1989 et aujourd’hui. Celleci touche particulièrement les espèces inféodées aux espaces agricoles
(perte de 25 à 30 % des effectifs) et, d’une manière plus générale, les
espèces les plus spécialisées (vis-à-vis de leur habitat ou de leurs besoins
alimentaires) et les plus septentrionales – ce que confirment des suivis
similaires effectués en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.
En conclusion, ce type de suivi traduit bien le fait que la biodiversité
en Europe de l’Ouest est sous la double influence du réchauffement
climatique et des changements d’usage des terres. Avec une tendance
