ainsi qu’au monde invisible des micro-organismes. D’autre part, entre la
biodiversité – une affaire qui s’inscrit sur des échelles de temps qui se
mesurent en milliers ou millions d’années – et les services, que nous
apprécions à l’échelle de l’année ou de la décennie, le raccourci paraît
simpliste et pour le moins précipité et trompeur. L’organisation des
écosystèmes dissimule, en particulier, une propriété majeure de la
biodiversité et des réseaux trophiques, la résilience, c’est-à-dire la capacité
à absorber et amortir les chocs, à retrouver un fonctionnement normal après
une catastrophe – même si les espèces dominantes ne sont pas toujours les
mêmes avant et après. Là réside un des aspects de la vertu d’assurance sur
l’avenir que l’on attribue à la diversité biologique. Elle ne peut
s’appréhender que sur les temps longs, seule échelle à laquelle l’apparente
surabondance en espèces trouve tout son sens
51
.
Un observatoire pour la biodiversité
Que l’on se préoccupe de l’inventaire des espèces ou de l’état des
faunes et des flores, on est confronté à la nécessité de disposer de moyens
d’observation, de mesure et de suivi
52
. Comment évaluer, en effet, sans
indicateurs, l’évolution de l’état de la biodiversité et l’efficacité des
mesures prises afin d’en stopper l’érosion ?
De tels dispositifs étaient quasi absents à l’époque où Jean Dorst nous
alertait, et peut-être cela a-t-il nui à la prise en compte de ses mises en
garde. Bon prétexte en tout cas pour rester sourds chez les « gens sérieux ».
Sur ce terrain, d’importants efforts ont été accomplis tant à l’initiative
d’organisations internationales – le Secrétariat de la convention sur la
diversité biologique, l’Agence européenne de l’environnement – que de
gouvernements qui mettaient en place des stratégies nationales pour la
biodiversité, d’associations de protection de la nature et de réseaux de
laboratoires.
De fait, la plupart des pays avancés se sont dotés d’observatoires de
leur patrimoine naturel. Certes, ceux-ci n’appréhendent que certaines
composantes de la biodiversité – dont on a déjà vu que l’inventaire restait
fort incomplet. Mais cela n’empêche nullement de suivre des évolutions et
d’étayer des stratégies d’action efficaces.
biodiversité – une affaire qui s’inscrit sur des échelles de temps qui se
mesurent en milliers ou millions d’années – et les services, que nous
apprécions à l’échelle de l’année ou de la décennie, le raccourci paraît
simpliste et pour le moins précipité et trompeur. L’organisation des
écosystèmes dissimule, en particulier, une propriété majeure de la
biodiversité et des réseaux trophiques, la résilience, c’est-à-dire la capacité
à absorber et amortir les chocs, à retrouver un fonctionnement normal après
une catastrophe – même si les espèces dominantes ne sont pas toujours les
mêmes avant et après. Là réside un des aspects de la vertu d’assurance sur
l’avenir que l’on attribue à la diversité biologique. Elle ne peut
s’appréhender que sur les temps longs, seule échelle à laquelle l’apparente
surabondance en espèces trouve tout son sens
51
.
Un observatoire pour la biodiversité
Que l’on se préoccupe de l’inventaire des espèces ou de l’état des
faunes et des flores, on est confronté à la nécessité de disposer de moyens
d’observation, de mesure et de suivi
52
. Comment évaluer, en effet, sans
indicateurs, l’évolution de l’état de la biodiversité et l’efficacité des
mesures prises afin d’en stopper l’érosion ?
De tels dispositifs étaient quasi absents à l’époque où Jean Dorst nous
alertait, et peut-être cela a-t-il nui à la prise en compte de ses mises en
garde. Bon prétexte en tout cas pour rester sourds chez les « gens sérieux ».
Sur ce terrain, d’importants efforts ont été accomplis tant à l’initiative
d’organisations internationales – le Secrétariat de la convention sur la
diversité biologique, l’Agence européenne de l’environnement – que de
gouvernements qui mettaient en place des stratégies nationales pour la
biodiversité, d’associations de protection de la nature et de réseaux de
laboratoires.
De fait, la plupart des pays avancés se sont dotés d’observatoires de
leur patrimoine naturel. Certes, ceux-ci n’appréhendent que certaines
composantes de la biodiversité – dont on a déjà vu que l’inventaire restait
fort incomplet. Mais cela n’empêche nullement de suivre des évolutions et
d’étayer des stratégies d’action efficaces.
