y sont ainsi recyclés, assurant à l’écosystème une véritable autonomie
fonctionnelle.
Ainsi, on a commencé à théoriser le fonctionnement des systèmes
écologiques au début du XX e siècle – tandis que l’agriculture, l’exploitation
forestière, les pêches profitaient déjà depuis longtemps des capacités
productives de la nature. Mais de là à parler de « service » ! L’expression de
« service écologique » est apparue dans la littérature écologique avec la
décennie 1980, même si ses racines sont bien antérieures. Désignés en
anglais par la dénomination d’ecosystem services, ces services regroupent
les facteurs, conditions et processus grâce auxquels les écosystèmes, avec
l’ensemble des espèces qui en constituent la trame vivante et active,
supportent et satisfont des fonctions dont nous profitons sans toujours le
savoir.
Cette définition intègre la production des biens et des services
proprement dits, c’est-à-dire les fonctions utiles à notre propre existence :
l’épuration de l’air et de l’eau, la régulation des inondations et des
sécheresses, la détoxification et l’élimination des déchets, l’entretien de la
fertilité des sols, la pollinisation des plantes, cultivées ou sauvages, la
régulation des climats locaux, le contrôle des espèces potentiellement
envahissantes et autres ravageurs, etc. ; à quoi on peut ajouter des services
esthétiques, hédoniques, culturels, voire spirituels. Ces services
écosystémiques résultent de l’activité de l’ensemble des agents biologiques
qui, à partir de l’énergie solaire, des plantes aux carnivores en passant par
les herbivores, animent la biosphère tout entière
49
.
Si l’idée de biens écologiques était banale et fut rapidement assimilée,
celle de service est bien plus récente et plus délicate à appréhender. En
outre, s’il est relativement facile de quantifier et même d’évaluer
économiquement les biens produits (productions d’aliments, de fibres, de
bois, etc.), ce n’est pas le cas des autres services, dont l’essentiel échappe
au marché. De plus, admettre que les écosystèmes fournissent des services
fut difficile à accepter par les naturalistes. L’anthropocentrisme que cela
traduit déplaisait. Et voir la Nature, ses écosystèmes, comme de simples
entreprises fournissant biens et services était tout ce qu’il y a de plus
agaçant : non contents de détruire la nature, la civilisation industrielle et sa
fonctionnelle.
Ainsi, on a commencé à théoriser le fonctionnement des systèmes
écologiques au début du XX e siècle – tandis que l’agriculture, l’exploitation
forestière, les pêches profitaient déjà depuis longtemps des capacités
productives de la nature. Mais de là à parler de « service » ! L’expression de
« service écologique » est apparue dans la littérature écologique avec la
décennie 1980, même si ses racines sont bien antérieures. Désignés en
anglais par la dénomination d’ecosystem services, ces services regroupent
les facteurs, conditions et processus grâce auxquels les écosystèmes, avec
l’ensemble des espèces qui en constituent la trame vivante et active,
supportent et satisfont des fonctions dont nous profitons sans toujours le
savoir.
Cette définition intègre la production des biens et des services
proprement dits, c’est-à-dire les fonctions utiles à notre propre existence :
l’épuration de l’air et de l’eau, la régulation des inondations et des
sécheresses, la détoxification et l’élimination des déchets, l’entretien de la
fertilité des sols, la pollinisation des plantes, cultivées ou sauvages, la
régulation des climats locaux, le contrôle des espèces potentiellement
envahissantes et autres ravageurs, etc. ; à quoi on peut ajouter des services
esthétiques, hédoniques, culturels, voire spirituels. Ces services
écosystémiques résultent de l’activité de l’ensemble des agents biologiques
qui, à partir de l’énergie solaire, des plantes aux carnivores en passant par
les herbivores, animent la biosphère tout entière
49
.
Si l’idée de biens écologiques était banale et fut rapidement assimilée,
celle de service est bien plus récente et plus délicate à appréhender. En
outre, s’il est relativement facile de quantifier et même d’évaluer
économiquement les biens produits (productions d’aliments, de fibres, de
bois, etc.), ce n’est pas le cas des autres services, dont l’essentiel échappe
au marché. De plus, admettre que les écosystèmes fournissent des services
fut difficile à accepter par les naturalistes. L’anthropocentrisme que cela
traduit déplaisait. Et voir la Nature, ses écosystèmes, comme de simples
entreprises fournissant biens et services était tout ce qu’il y a de plus
agaçant : non contents de détruire la nature, la civilisation industrielle et sa
