du monde vivant qui nous environne et auquel on appartient qu’une
construction sociale ? Si, dans le cadre de la convention sur la diversité
biologique ratifiée à Rio, on s’intéresse à la diversité du vivant, c’est non
seulement parce qu’elle est menacée (par nous humains), mais aussi parce
qu’elle est porteuse d’enjeux – sociaux, économiques, politiques,
philosophiques, voire spirituels et religieux. J’y reviendrai dans la 3 e partie,
me contentant de souligner ici cette vertu « transformatrice » du concept de
biodiversité et de la science qui en a fait son drapeau
45
. Quoi qu’il en soit,
cette science de la biodiversité est bien utile pour enrichir notre
compréhension des processus d’extinction, les deux exemples suivants
l’illustreront clairement.
Déforestation et rythmes d’extinction
Deux études de grande ampleur ont récemment étayé et précisé les
hypothèses en vigueur relativement aux extinctions en masse que l’érosion
des forêts tropicales devait entraîner.
En Amazonie brésilienne, le projet baptisé BDFFP (Biological
Dynamics of Forest Fragments Project) a commencé en 1979 sous la forme
d’une expérimentation à grande échelle pour évaluer les effets de la
fragmentation du massif forestier sur divers groupes faunistiques et
floristiques. Des données d’abondance ont été récoltées pour les arbres, les
oiseaux, les amphibiens, les mammifères et divers groupes d’invertébrés
avant l’isolement de fragments forestiers de 1, 10, 100 et 1 000 ha. Les
peuplements de ces « îles » forestières ont été recensés vingt-deux années
plus tard
46
.
Les résultats de ce travail suggèrent que la fragmentation altère la
dynamique des populations et des communautés. Comme attendu, ils
montrent que la richesse spécifique observée est positivement corrélée avec
la superficie des fragments de forêt. Beaucoup de grands mammifères, les
primates, des oiseaux de sous-bois, mais aussi diverses espèces de termites,
de fourmis et de papillons avaient disparu même des plus grandes « îles »
(100 et 1 000 ha) de la zone d’étude. Une fois isolés, les petits fragments (1
et 10 ha) perdent leurs espèces à un rythme élevé. Par exemple, les
peuplements de scarabées coprophages ou nécrophages furent
construction sociale ? Si, dans le cadre de la convention sur la diversité
biologique ratifiée à Rio, on s’intéresse à la diversité du vivant, c’est non
seulement parce qu’elle est menacée (par nous humains), mais aussi parce
qu’elle est porteuse d’enjeux – sociaux, économiques, politiques,
philosophiques, voire spirituels et religieux. J’y reviendrai dans la 3 e partie,
me contentant de souligner ici cette vertu « transformatrice » du concept de
biodiversité et de la science qui en a fait son drapeau
45
. Quoi qu’il en soit,
cette science de la biodiversité est bien utile pour enrichir notre
compréhension des processus d’extinction, les deux exemples suivants
l’illustreront clairement.
Déforestation et rythmes d’extinction
Deux études de grande ampleur ont récemment étayé et précisé les
hypothèses en vigueur relativement aux extinctions en masse que l’érosion
des forêts tropicales devait entraîner.
En Amazonie brésilienne, le projet baptisé BDFFP (Biological
Dynamics of Forest Fragments Project) a commencé en 1979 sous la forme
d’une expérimentation à grande échelle pour évaluer les effets de la
fragmentation du massif forestier sur divers groupes faunistiques et
floristiques. Des données d’abondance ont été récoltées pour les arbres, les
oiseaux, les amphibiens, les mammifères et divers groupes d’invertébrés
avant l’isolement de fragments forestiers de 1, 10, 100 et 1 000 ha. Les
peuplements de ces « îles » forestières ont été recensés vingt-deux années
plus tard
46
.
Les résultats de ce travail suggèrent que la fragmentation altère la
dynamique des populations et des communautés. Comme attendu, ils
montrent que la richesse spécifique observée est positivement corrélée avec
la superficie des fragments de forêt. Beaucoup de grands mammifères, les
primates, des oiseaux de sous-bois, mais aussi diverses espèces de termites,
de fourmis et de papillons avaient disparu même des plus grandes « îles »
(100 et 1 000 ha) de la zone d’étude. Une fois isolés, les petits fragments (1
et 10 ha) perdent leurs espèces à un rythme élevé. Par exemple, les
peuplements de scarabées coprophages ou nécrophages furent
