exigences écologiques le plus souvent très strictes. Toute la flore et la faune
disparaissent ainsi brutalement et en bloc, sans que l’on puisse même être
renseigné exactement sur les processus d’extinction. Il est certain que de
nombreux éléments de la flore ou de la microfaune ont été détruits par
l’homme avant même que celui-ci n’ait appris à les connaître.
Nous allons dans les pages suivantes essayer de brosser un tableau des
principales dévastations dont l’homme s’est rendu coupable depuis
l’époque des grandes découvertes. Nous insisterons sur les oiseaux et les
mammifères, car la disparition de beaucoup d’entre eux a été
particulièrement spectaculaire et l’on possède un grand nombre de
témoignages historiques qui permettent de suivre les étapes de leur
raréfaction
14
. Pas moins de 120 formes de mammifères et environ
150 formes d’oiseaux ont disparu à l’heure actuelle et plus de 300 espèces
de chacun de ces groupes sont actuellement menacées d’extinction
15
. Mais il
ne faut pas oublier que les mêmes faits pourraient être rapportés à propos de
beaucoup d’êtres vivants de petite taille, les « obscurs et les sans-grade » du
monde végétal et du monde animal, qui ont disparu, comme ils avaient
vécu, « humblement et sans bruit ». Ils n’en tenaient pas moins leur place
dans l’équilibre du monde vivant, une place souvent disproportionnée avec
leur taille. Leur disparition est à beaucoup de points de vue tout aussi grave
que celle de la grande faune.
Nous suivrons l’assaut de l’homme contre la nature par continents, en
évoquant ceux-ci approximativement dans l’ordre chronologique des
dévastations qui s’y sont produites. Toutes se placent dans le cadre d’un
pillage anarchique et inconscient des richesses d’un monde livré à la
cupidité d’hommes éblouis par les trésors qui s’ouvraient à eux et qu’ils ont
eu la folie de croire inépuisables.
1. Europe
L’Europe a été, avec l’Asie, le premier continent à souffrir de
l’établissement de l’homme. La quasi-totalité des habitats originels en a
disparu. Le trait le plus marquant de l’évolution de la nature sous
l’influence humaine y a été la destruction du couvert forestier qui s’étendait
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