de ce travail, il faut le souligner, est assuré par des amateurs… ou des
spécialistes retraités ! Encore de la mobilisation bien utile, mais qui ne
dispense pas d’une réflexion politique en amont : ce qui est possible pour
les étoiles et les galaxies les plus lointaines ne le serait pas pour la
connaissance de notre « famille » même ?
Animal, mon frère
Dans le champ des sciences, comment ne pas se réjouir du retour à
l’animal dans son milieu de vie, voire dans sa société et sa culture quand il
en a
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– et jusque dans son intimité « intérieure », si j’ose dire.
De fait, lorsque Jean Dorst élaborait son ouvrage, à Gombé en
Tanzanie, Jane Goodall développait ses observations chez les chimpanzés ;
dans les forêts d’altitude du Rwanda, Diane Fossey venait de faire son
entrée chez les gorilles de montagne – que Jean Dorst n’évoque que trop
brièvement à propos du parc national Albert créé par le roi des Belges en
1925 ; quelques années plus tard, à partir de 1971, c’est Biruté Galdikas qui
partage la vie des orangs-outans de Bornéo. La primatologie retrouvait le
terrain et les singes leur âme dont on les avait privés. Une révolution
majeure venait de s’affirmer, touchant l’ensemble du champ de l’éthologie
– révolution, il est vrai, déjà amorcée confidentiellement – parce que écrite
en japonais – dès les années 1950
38
.
Comment ne pas parler aussi, dans le même esprit, de l’élaboration
magistrale d’Edward O. Wilson – Sociobiology. A New Synthesis, qui voit le
jour en 1975 ? Que cette approche évolutionniste des sociétés animales ait
pu, ici ou là, être mal comprise et donner place à des polémiques, voire à
des dérives, regrettables – il n’empêche : on a désormais pleine légitimité à
parler de nos frères animaux et à leur reconnaître une existence personnelle
propre.
Ainsi, grâce aux singes entre autres, on semblait redécouvrir
l’importance de l’empathie, du besoin de solidarité et d’équité si l’on en
juge à la lecture de L’Âge de l’empathie. Leçon de la nature pour une
société solidaire du primatologue Frans de Waal
39
. Quant à Wilson, il va
jusqu’à faire de la biophilie un penchant humain enraciné dans notre
généalogie animale
40
. Non seulement on peut « échanger » avec d’autres
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