ou biologie de la conservation, écologie industrielle, écologie de la
restauration, économie écologique, écologie urbaine, écologie de la santé –
sans oublier l’écologie humaine et l’écologie globale dont les racines
remontent aux années 1940, voire plus loin encore (l’ouvrage La Biosphère,
de Vladimir Vernadsky, date de 1929 pour la première édition en français).
Une telle effervescence est un signe de vitalité qui confirme l’intuition
d’Ernst Mayr, immense naturaliste et biologiste, lequel écrivait en 1982
dans son magistral essai The Growth of Biological Thougth : « Dans un
domaine de recherche aussi vaste que la biologie, il y a presque toujours
une discipline dominante, qui marque une époque donnée, telle que la
systématique au temps de Linné, la physiologie dans les années 1830 à
1850, l’évolution et la phylogénie dans les années 1860 et 1870, la
génétique au cours des deux premières décennies du XX e siècle… la
biologie moléculaire depuis les années 1950 et peut-être aujourd’hui
l’écologie. »
Quoique parler, à propos de la science écologique, de
« discipline dominante » me paraisse impropre, sinon déplacé – car n’est-ce
pas l’ensemble de la biologie qui se renouvelle en profondeur, grâce à
l’essor tant des approches moléculaires que des approches
évolutionnistes –, il reste vrai qu’elle accède à une pleine maturité. Mon
propos n’est pas d’en décrire ici les nombreuses dimensions mais seulement
de souligner les changements de perspective que cela nous ouvre, dans
l’esprit qui animait Jean Dorst. Je vais le montrer plus loin à propos de la
« biologie de la conservation » et j’y reviendrai d’une façon plus diffuse
dans le troisième chapitre, en insistant sur cette évolution décisive et encore
ignorée ou sous-estimée que traduit l’émergence de l’éthique
environnementale
33
.
Mais auparavant, comment ne pas évoquer aussi la spectaculaire
réémergence de la systématique, la science de la description et de la
classification de la diversité du vivant qu’Ernst Mayr associait « au temps
de Linné ». Certes, sa naissance prend corps à cette époque, mais elle a
profité aussi de – et à – l’épanouissement technique et théorique de la
biologie dans son ensemble – et de l’émergence du concept de
« biodiversité ». L’essor de la phylogénie moléculaire en particulier a
réactualisé ses interfaces avec l’écologie et le reste de la biologie tandis que
restauration, économie écologique, écologie urbaine, écologie de la santé –
sans oublier l’écologie humaine et l’écologie globale dont les racines
remontent aux années 1940, voire plus loin encore (l’ouvrage La Biosphère,
de Vladimir Vernadsky, date de 1929 pour la première édition en français).
Une telle effervescence est un signe de vitalité qui confirme l’intuition
d’Ernst Mayr, immense naturaliste et biologiste, lequel écrivait en 1982
dans son magistral essai The Growth of Biological Thougth : « Dans un
domaine de recherche aussi vaste que la biologie, il y a presque toujours
une discipline dominante, qui marque une époque donnée, telle que la
systématique au temps de Linné, la physiologie dans les années 1830 à
1850, l’évolution et la phylogénie dans les années 1860 et 1870, la
génétique au cours des deux premières décennies du XX e siècle… la
biologie moléculaire depuis les années 1950 et peut-être aujourd’hui
l’écologie. »
Quoique parler, à propos de la science écologique, de
« discipline dominante » me paraisse impropre, sinon déplacé – car n’est-ce
pas l’ensemble de la biologie qui se renouvelle en profondeur, grâce à
l’essor tant des approches moléculaires que des approches
évolutionnistes –, il reste vrai qu’elle accède à une pleine maturité. Mon
propos n’est pas d’en décrire ici les nombreuses dimensions mais seulement
de souligner les changements de perspective que cela nous ouvre, dans
l’esprit qui animait Jean Dorst. Je vais le montrer plus loin à propos de la
« biologie de la conservation » et j’y reviendrai d’une façon plus diffuse
dans le troisième chapitre, en insistant sur cette évolution décisive et encore
ignorée ou sous-estimée que traduit l’émergence de l’éthique
environnementale
33
.
Mais auparavant, comment ne pas évoquer aussi la spectaculaire
réémergence de la systématique, la science de la description et de la
classification de la diversité du vivant qu’Ernst Mayr associait « au temps
de Linné ». Certes, sa naissance prend corps à cette époque, mais elle a
profité aussi de – et à – l’épanouissement technique et théorique de la
biologie dans son ensemble – et de l’émergence du concept de
« biodiversité ». L’essor de la phylogénie moléculaire en particulier a
réactualisé ses interfaces avec l’écologie et le reste de la biologie tandis que
