Assessment ? N’est-ce pas la même vérité qu’a révélée la crise financière et
sociale déclenchée en 2008
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?
Une accélération préoccupante
Anthropocène ou pas, ce qui caractérise l’histoire moderne d’Homo
sapiens, c’est bien une phénoménale accélération qui impacte de plus en
plus lourdement son environnement, c’est-à-dire la Terre, son climat, ses
ressources et toute cette vie sauvage qu’on tient à distance mais qui n’en est
pas moins pour autant notre source de vie et notre avenir.
Bien que le constat ne date pas d’aujourd’hui, on en est toujours là !
C’est bien ce que déplorait déjà Jean Dorst en nous rappelant « l’œuvre de
George P. Marsh, dont l’ouvrage Man and Nature, publié en 1864 à
Londres, constitue encore aujourd’hui un véritable classique quant à
l’influence de l’homme sur le monde et sur l’harmonie qui doit exister entre
lui et son habitat naturel » (p. 115).
Il est vrai qu’à l’époque on ne disposait guère d’instruments efficaces
pour « mesurer » l’état de la nature. Mais surtout, s’affirmait déjà cette
confiance aveugle dans le progrès, que l’on appelle aujourd’hui la
croissance. Alors pourquoi s’inquiéter ? C’est le même syndrome qui
régnait dans les années 1960, quand Dorst, après Rachel Carson (1962),
lançait son cri d’alarme.
Pour sortir de cet aveuglement, Mathis Wackernagel et William Rees
proposent en 1996 le concept d’empreinte écologique (ecological
footprint
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). Aussitôt vulgarisé par le WWF, ce concept vise à traduire le
poids des actions de l’homme sur la planète, que ce soit pour un individu,
une population, un pays ou l’humanité tout entière, par un indicateur
chiffré. C’est une mesure du fardeau imposé à la nature, appréhendé par le
biais de la superficie de terres « sauvages » et cultivées nécessaire pour
assurer durablement les niveaux de consommation et le recyclage des
déchets correspondants propres à une population ou un pays donné. Cette
approche d’évaluation de l’empreinte écologique de l’homme repose sur
l’idée que, conscients de notre impact et de son évolution, nous serons plus
enclins à prendre au sérieux l’objectif d’un développement soutenable –
quitte à réviser, sinon le concept de croissance, du moins son indicateur
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