des changements dans le comportement moyen de diverses populations
animales induits par le réchauffement climatique étaient génétiquement
fondés tandis que d’autres suggéraient plutôt un rôle dominant de la
plasticité phénotypique
24
.
Ces réponses des espèces aux changements climatiques passés et
récents ont conduit les spécialistes à voir dans ce phénomène de
réchauffement climatique une cause majeure d’extinction. Il vient s’ajouter
aux trois facteurs responsables de l’érosion de la biodiversité – dégradation
des milieux (y compris par les pollutions), invasions biologiques et
surexploitation – et amplifie leurs effets.
Une amplification des rythmes d’extinction
Dans la mesure où le réchauffement climatique va de pair avec
d’autres changements – destruction de l’habitat, invasions biologiques,
pollutions… –, il est difficile d’imputer tel ou tel diagnostic d’accélération
de taux d’extinction à ce phénomène et à lui seul. Il faut, pour faire la part
des responsabilités, rechercher les mécanismes avec une approche de type
expérimental. Ainsi, parmi les grands groupes zoologiques supposés
particulièrement affectés par le réchauffement climatique, on évoque
souvent dans cette perspective le cas des coraux et des amphibiens dont j’ai
raconté l’histoire en introduction de ce chapitre.
Pour quantifier les conséquences de cette modification du climat,
l’écologue britannique Chris Thomas, entouré d’une équipe internationale,
a cherché à établir l’évolution des aires géographiques de 1 130 espèces de
plantes et d’animaux
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à partir des scénarios de changements climatiques
proposés par les experts et de leurs impacts supposés sur les habitats, c’està-dire sur les milieux et les espèces qui y sont inféodées.
La probabilité d’extinction est estimée à partir de la relation – bien
connue des écologues et biogéographes – entre le nombre des espèces (S) et
la superficie des habitats (A) qu’elles occupent, soit S = cA z où c est un
paramètre qui varie selon les groupes et écosystèmes considérés et z la
pente de la droite qui mesure l’accroissement de S en fonction de A. Cette
relation fondamentale permet de prédire le nombre d’espèces appelées à
disparaître à partir de la réduction de surface attendue. Au-delà du principe
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