1,62 g/cm 2 /an jusqu’en 1700 ; elle atteignait la valeur de 1,76 en 1850
après quoi elle se stabilisait à ce niveau jusqu’en 1960 où s’amorce un
déclin. En conclusion, la croissance des coraux du genre Porites bâtisseurs
de récifs a été réduite, selon les cas, de 9 à 56 %. Si ces résultats s’avéraient
généralisables à d’autres coraux récifaires, alors le maintien de la structure
carbonatée de ces constructions serait sévèrement compromis.
D’une manière plus générale, il apparaît que les écosystèmes coralliens
sont devenus vulnérables. Affaiblis par le réchauffement et l’acidification
des eaux, ils se voient ici ou là attaqués par une étoile de mer et asphyxiés
par des algues filamenteuses qui font des ravages. Ajoutez à tout cela la
surexploitation humaine et la boucle est bouclée.
C’est la vie océanique entière qui est secouée
Les coraux ne sont pas, tant s’en faut, les seuls organismes marins à
fabriquer du calcaire. C’est aussi le cas de tous les êtres à coquilles. C’est
donc bien toute la biologie, c’est-à-dire le fonctionnement des océans –
excusez du peu –, qui est bouleversée par les émissions de CO 2 et
l’acidification des eaux qui en résulte. Ainsi, foraminifères et
coccolithophores, deux groupes importants d’unicellulaires planctoniques à
coquille, à la base des chaînes alimentaires marines, sont clairement affectés
par ce phénomène.
Dans ce sombre panorama, toutefois, la capacité d’adaptation que la
diversité confère aux êtres vivants apporte une lueur d’espoir. Dans le
groupe des coccolithophores, qui est un des producteurs de calcaire marin
parmi les plus importants, on a observé selon les espèces des réponses très
variées à l’acidification des océans. Il a été clairement établi, par exemple,
que l’espèce Emiliania huxleyi y répondait positivement.
Une lueur d’espoir qui ne suffit pas à renverser le diagnostic. Car si
l’on regarde à l’autre extrême des réseaux trophiques marins, vers les
prédateurs de sommet, on découvre une hécatombe
10
, qui n’incombe plus à
l’acidification des eaux mais aux ravages de la surpêche, hécatombe déjà
dénoncée par Jean Dorst. C’est le cas entre autres des grands requins.
L’effondrement de leurs populations au cours des trente-cinq dernières
années, bien étudié dans les écosystèmes côtiers du nord-ouest de
après quoi elle se stabilisait à ce niveau jusqu’en 1960 où s’amorce un
déclin. En conclusion, la croissance des coraux du genre Porites bâtisseurs
de récifs a été réduite, selon les cas, de 9 à 56 %. Si ces résultats s’avéraient
généralisables à d’autres coraux récifaires, alors le maintien de la structure
carbonatée de ces constructions serait sévèrement compromis.
D’une manière plus générale, il apparaît que les écosystèmes coralliens
sont devenus vulnérables. Affaiblis par le réchauffement et l’acidification
des eaux, ils se voient ici ou là attaqués par une étoile de mer et asphyxiés
par des algues filamenteuses qui font des ravages. Ajoutez à tout cela la
surexploitation humaine et la boucle est bouclée.
C’est la vie océanique entière qui est secouée
Les coraux ne sont pas, tant s’en faut, les seuls organismes marins à
fabriquer du calcaire. C’est aussi le cas de tous les êtres à coquilles. C’est
donc bien toute la biologie, c’est-à-dire le fonctionnement des océans –
excusez du peu –, qui est bouleversée par les émissions de CO 2 et
l’acidification des eaux qui en résulte. Ainsi, foraminifères et
coccolithophores, deux groupes importants d’unicellulaires planctoniques à
coquille, à la base des chaînes alimentaires marines, sont clairement affectés
par ce phénomène.
Dans ce sombre panorama, toutefois, la capacité d’adaptation que la
diversité confère aux êtres vivants apporte une lueur d’espoir. Dans le
groupe des coccolithophores, qui est un des producteurs de calcaire marin
parmi les plus importants, on a observé selon les espèces des réponses très
variées à l’acidification des océans. Il a été clairement établi, par exemple,
que l’espèce Emiliania huxleyi y répondait positivement.
Une lueur d’espoir qui ne suffit pas à renverser le diagnostic. Car si
l’on regarde à l’autre extrême des réseaux trophiques marins, vers les
prédateurs de sommet, on découvre une hécatombe
10
, qui n’incombe plus à
l’acidification des eaux mais aux ravages de la surpêche, hécatombe déjà
dénoncée par Jean Dorst. C’est le cas entre autres des grands requins.
L’effondrement de leurs populations au cours des trente-cinq dernières
années, bien étudié dans les écosystèmes côtiers du nord-ouest de
