pendant que l’on parlait de développement durable, 20 % des récifs
mondiaux disparaissaient – et 50 % sont aujourd’hui considérés comme en
danger.
Que se passe-t-il donc ? À quoi est dû le « blanchissement » des
coraux, dénoncé un peu partout et qui se traduit par l’expulsion de leurs
algues symbiotiques et leur mort ? Les spécialistes incriminent
l’amplification de l’effet de serre et ses trois composantes : l’accroissement
de température (de 1 à 3 °C), l’élévation du niveau des océans et
l’acidification des eaux marines superficielles. Un triple stress pour le
corail, son mariage avec la zooxanthelle et la subtile physiologie du
système.
Insistons sur l’acidification des eaux, phénomène bien moins médiatisé
que le réchauffement climatique et pourtant très menaçant pour l’avenir des
organismes marins qui « biocalcifient ». L’acidité des océans, c’est-à-dire
leur pH, est stable depuis au moins 20 millions d’années. Et voilà que le pH
décline dans les eaux de surface sous l’effet d’une absorption croissante du
CO 2 atmosphérique (c’est 30 % du CO 2 qui serait ainsi absorbé). De
nombreuses expériences en laboratoire et dans la nature ont démontré
qu’une telle acidification affectait la biominéralisation et la croissance des
coraux. Une équipe australienne a produit récemment une synthèse de
grande ampleur
9
sur l’évolution du phénomène le long de la Grande
Barrière de corail. Elle a étudié le taux de calcification dans 328 colonies de
coraux massifs du genre Porites de 69 récifs s’étalant le long des 2 000 km
de la Grande Barrière. Les Porites massifs, comme d’autres coraux,
croissent en précipitant l’aragonite (forme la plus courante de carbonate de
calcium dissout dans l’eau de mer) en une matrice organique dans l’espace
étroit entre leur tissu vivant et la surface squelettique précédemment
déposée. Ces coraux sont habituellement utilisés dans les analyses
chronologiques parce qu’ils présentent des bandes annuelles de croissance
dont la densité est mesurable, qu’ils sont largement distribués et peuvent
croître pendant plusieurs siècles, enregistrant dans leurs squelettes les
variations de l’environnement. Que constatent les spécialistes ? De forts
déclins de calcification pour la période 1990-2005, enregistrés sur
189 colonies et 12 des 13 récifs analysés. Dans le cas des 10 colonies
analysables pour la période 1572-2001 la calcification a crû en moyenne de
mondiaux disparaissaient – et 50 % sont aujourd’hui considérés comme en
danger.
Que se passe-t-il donc ? À quoi est dû le « blanchissement » des
coraux, dénoncé un peu partout et qui se traduit par l’expulsion de leurs
algues symbiotiques et leur mort ? Les spécialistes incriminent
l’amplification de l’effet de serre et ses trois composantes : l’accroissement
de température (de 1 à 3 °C), l’élévation du niveau des océans et
l’acidification des eaux marines superficielles. Un triple stress pour le
corail, son mariage avec la zooxanthelle et la subtile physiologie du
système.
Insistons sur l’acidification des eaux, phénomène bien moins médiatisé
que le réchauffement climatique et pourtant très menaçant pour l’avenir des
organismes marins qui « biocalcifient ». L’acidité des océans, c’est-à-dire
leur pH, est stable depuis au moins 20 millions d’années. Et voilà que le pH
décline dans les eaux de surface sous l’effet d’une absorption croissante du
CO 2 atmosphérique (c’est 30 % du CO 2 qui serait ainsi absorbé). De
nombreuses expériences en laboratoire et dans la nature ont démontré
qu’une telle acidification affectait la biominéralisation et la croissance des
coraux. Une équipe australienne a produit récemment une synthèse de
grande ampleur
9
sur l’évolution du phénomène le long de la Grande
Barrière de corail. Elle a étudié le taux de calcification dans 328 colonies de
coraux massifs du genre Porites de 69 récifs s’étalant le long des 2 000 km
de la Grande Barrière. Les Porites massifs, comme d’autres coraux,
croissent en précipitant l’aragonite (forme la plus courante de carbonate de
calcium dissout dans l’eau de mer) en une matrice organique dans l’espace
étroit entre leur tissu vivant et la surface squelettique précédemment
déposée. Ces coraux sont habituellement utilisés dans les analyses
chronologiques parce qu’ils présentent des bandes annuelles de croissance
dont la densité est mesurable, qu’ils sont largement distribués et peuvent
croître pendant plusieurs siècles, enregistrant dans leurs squelettes les
variations de l’environnement. Que constatent les spécialistes ? De forts
déclins de calcification pour la période 1990-2005, enregistrés sur
189 colonies et 12 des 13 récifs analysés. Dans le cas des 10 colonies
analysables pour la période 1572-2001 la calcification a crû en moyenne de
